Les 64 cases · 39/64
g5
Trompowsky et le clouage
Case noireColonne g · Rangée 5Zone intermédiaire
Le fou en g5 cloue le cavalier f6 sur la dame d8 : c’est l’un des développements les plus actifs des Blancs, au cœur du Gambit Dame orthodoxe et de l’Attaque Trompowsky.
Carte d’identité
| Couleur | case noire |
| Pièce au départ | aucune (case vide au départ) |
| Zone | Zone intermédiaire — à 2 pas de roi du centre |
| Notation descriptive (Blancs / Noirs) | KN5 / KN4 |
| Notation ICCF (correspondance) | 75 |
| Case symétrique (miroir des couleurs) | g4 |
| Diagonales | 6 et 5 cases |
| Cavalier blanc pour l’atteindre | 3 coup(s) depuis b1, 2 depuis g1 |
Rayonnement depuis g5
L’Attaque Trompowsky
1.d4 Cf6 2.Fg5 : les Blancs menacent Fxf6 doublant les pions noirs. Popularisée par le Brésilien Octávio Trompowsky dans les années 1930-40, elle est devenue une grande arme anti-indienne (Hodgson, Carlsen…).
Fg5 dans le Gambit Dame
1.d4 d5 2.c4 e6 3.Cc3 Cf6 4.Fg5 : la variante orthodoxe, cœur des championnats du monde de Capablanca–Alekhine (1927). Le clouage gêne le développement noir.
Le cavalier g5
Cg5 attaque f7 et h7 : Fegatello (Défense des deux cavaliers), Traxler, cadeau grec (Fxh7+ Rxh7 Cg5+)… Une case d’attaque par excellence.
La partie
L’Attaque Trompowsky
Portraits
Octávio Trompowsky
1897 – 1984 · Brésil
Champion du Brésil, il popularise dans les années 1930-40 l’attaque 2.Fg5 contre 1…Cf6, devenue « la Trompowsky », l’une des alternatives les plus jouées au Gambit Dame aujourd’hui.
À voir sur YouTube
Le saviez-vous ?
Contre la Trompowsky, la réponse 2…Ce4 attaque immédiatement le fou g5 : c’est la ligne la plus jouée.
Dossier · la case g5
g5
La Défense Basman : 1.e4 g5 !?
La Défense Basman : 1.e4 g5
Au premier coup, les Noirs poussent leur pion g de deux cases. Le nom anglais de « Borg » est un clin d’œil : c’est « Grob » écrit à l’envers, car 1…g5 est l’image miroir de l’Ouverture Grob (1.g4). On l’appelle aussi Défense Basman, du nom du maître international anglais Michael Basman qui l’a jouée pendant des années, y compris contre de très forts grands maîtres.
La Défense Basman (Borg)
Les idées des Noirs
Le pion g5 prépare …Fg7 : le fou fianchetté frappe d4 et toute la grande diagonale. Les Noirs complètent souvent par …c5 et …Da5 pour attaquer le centre blanc et clouer le cavalier c3. Le pion g peut aussi avancer en g4 pour chasser un cavalier f3. C’est une ouverture de provocation : laisser les Blancs prendre le centre, puis l’attaquer de flanc.
…Fg7, …c5, …Da5
Le problème de la case g5
Le pion g5 n’est défendu par rien. Après 2.d4, la diagonale c1–h6 s’ouvre et le fou c1 menace déjà Fxg5. Les Noirs ont deux choix : soutenir le pion par 2…h6, la ligne la plus solide, ou l’abandonner volontairement dans le Gambit Borg (2…Fg7 3.Fxg5 c5), où le pion sacrifié rapporte du temps et une forte pression sur d4 et b2. Dans tous les cas, l’aile roi noire reste affaiblie (f5, h5, f6) : le roque côté roi devient risqué.
Le Gambit Borg
Que vaut-elle ?
Les ouvrages de référence comme Modern Chess Openings jugent les Noirs seulement un peu moins bien : c’est une ouverture risquée mais pas réfutée. Son intérêt principal est la surprise et le déséquilibre, à la manière de Basman, qui cherchait à sortir ses adversaires de leurs connaissances dès le premier coup. À rapprocher de la Saint-Georges 1…a6 de Miles (voir la case a6) et de la Défense Carr 1…h6, qui transpose souvent après 2.d4 g5.
Portrait
Michael Basman
1946 – 2022 · Angleterre
Maître international (1980), auteur prolifique et apôtre des ouvertures excentriques : la Grob (1.g4, son livre The Killer Grob), le « Creepy Crawly » 1.h3, la Saint-Georges 1…a6 et sa jumelle côté roi, 1…g5. Il battit John Nunn avec la Grob en 1978 et Jon Speelman avec la Borg en 1980. Fondateur en 1996 du UK Chess Challenge, devenu l’un des plus grands tournois de jeunes au monde. Murray Chandler l’appelait « le joueur le plus bizarre de l’univers ».
À voir sur YouTube
Le saviez-vous ?
À Hastings 1974-75, Basman battit le Suédois Ulf Andersson dans une partie surnommée « l’Immortelle de l’attente » : il garda sa position figée pendant une douzaine de coups jusqu’à ce que son adversaire se découvre.
