Les 64 cases · 18/64
b3
Nimzo-Larsen : 1.b3
Case blancheColonne b · Rangée 3Zone intermédiaire
Le pion en b3 prépare le fianchetto Fb2. Popularisée par Nimzowitsch puis Bent Larsen, l’ouverture 1.b3 est restée célèbre… notamment pour la terrible défaite de Larsen contre Spassky en 1970.
8
7
6
5
4
3
2
1a
b
c
d
e
f
g
h
Cavalier en b3 sur échiquier vide : 6 cases contrôlées
Carte d’identité
| Couleur | case blanche |
| Pièce au départ | aucune (case vide au départ) |
| Zone | Zone intermédiaire — à 2 pas de roi du centre |
| Notation descriptive (Blancs / Noirs) | QN3 / QN6 |
| Notation ICCF (correspondance) | 23 |
| Case symétrique (miroir des couleurs) | b6 |
| Diagonales | 7 et 4 cases |
| Cavalier blanc pour l’atteindre | 2 coup(s) depuis b1, 3 depuis g1 |
Rayonnement depuis b3
Cases contrôlées sur échiquier vide
Belgrade 1970 : l’humiliation
Lors du match URSS – Reste du monde, Larsen exige de jouer au premier échiquier, devant Fischer. Contre Spassky, il ouvre 1.b3 ; les Noirs répondent par une attaque éclair et, au 14e coup, Spassky sacrifie sa tour en h1 ! Larsen abandonne au 17e coup : une des défaites les plus rapides d’un grand joueur dans un événement de ce niveau.L’idée de 1.b3
Le fou b2 surveille e5 et toute la grande diagonale. Les Blancs ne prennent pas le centre immédiatement : c’est une philosophie hypermoderne, chère à Nimzowitsch et à Réti.Le « piège de l’arche de Noé »
En Espagnole, un fou blanc replié en b3 peut être enfermé par …c5–c4 après …a6 et …b5 : c’est le piège de l’arche de Noé, l’un des plus anciens connus.La partie
8
♚
♜
♟7
♟
♟
♛
♟
♟
6
♟
5
♝
♝
4
♙
♟
♙
♙
3
♙
♙
♟
♙2
♗
♕
♙
♗
♖1a
♘b
c
d
♔e
f
♖g
♜h
14…Th1
Larsen – Spassky, l’humiliation en 17 coups
14…Th1!! Spassky offre sa tour : après 15.Txh1 g2, le pion g devient irrésistible.
1.b3 e5 2.Fb2 Cc6 3.c4 Cf6 4.Cf3 e4 5.Cd4 Fc5 6.Cxc6 dxc6 7.e3 Ff5 8.Dc2 De7 9.Fe2 O-O-O 10.f4 Cg4 11.g3 h5 12.h3 h4 13.hxg4 hxg3 14.Tg1 Th1 15.Txh1 g2 16.Tf1 Dh4+ 17.Rd1 gxf1=D+ 0-1
Portraits
BL
Bent Larsen
1935 – 2010 · Danemark
Le plus grand joueur scandinave avant Carlsen. Combatif, original, refusant les nulles, il remporte une foule de tournois internationaux dans les années 1960-70 et dispute plusieurs fois le cycle des Candidats. Il popularise l’ouverture 1.b3, dite « Nimzo-Larsen ». Revers de la médaille : un 0-6 contre Fischer en 1971 et, en 1970, une défaite en 17 coups contre Spassky… avec 1.b3.BS
Boris Spassky
1937 – 2025 · URSS / France
Champion du monde de 1969 à 1972, joueur universel et élégant, il reste dans l’histoire comme l’adversaire de Fischer à Reykjavik. Installé en France à partir de 1976, il porta les couleurs françaises aux Olympiades. Joueur fair-play, il applaudit en 1972 une victoire de Fischer. En 1960, il avait battu le jeune Fischer avec le Gambit du Roi, ce qui poussa l’Américain à écrire son fameux article « Une réfutation du Gambit du Roi ».AN
Aron Nimzowitsch
1886 – 1935 · Lettonie / Danemark
Né à Riga, théoricien génial et excentrique, auteur de Mon système, la bible du jeu positionnel : blocage, prophylaxie, surprotection, avant-postes. Il a donné son nom à la Nimzo-indienne et pratiquait déjà 1.b3 bien avant Larsen.À voir sur YouTube
Le saviez-vous ?
Fischer accepta de céder le premier échiquier à Larsen, qui avait de meilleurs résultats récents. Il joua au deuxième contre Petrossian, qu’il battit 3–1.