Sicilienne Sozine

1. e4 c5 2. Cf3 Cc6 (ou d6) 3. d4 cxd4 4. Cxd4 Cf6 5. Cc3 d6 (ou Cc6) 6. Fc4
Sicilienne Sozine

La Sicilienne Sozine est une variante de la défense sicilienne. Elle s’obtient après les coups 1. e4 c5 2. Cf3 Cc6 (ou 2…d6) 3. d4 cxd4 4. Cxd4 Cf6 5. Cc3 d6 (ou 5…Cc6) 6. Fc4

Ce coup 6. Fc4 peut aussi être joué dans la variante Najdorf de la défense sicilienne: 1. e4 c5 2. Cf3 d6 3. d4 cxd4 4. Cxd4 Cf6 5. Cc3 a6 6. Fc4.

Position de la sicilienne Najdorf après 6.Fc4

Avec les Blancs, Bobby Fischer avait l’habitude de jouer 6. Fc4 contre la Najdorf, sa défense préférée contre 1. e4. De ce fait, la Sozine était populaire à cette époque. Depuis qu’il n’y a plus de célébrité pour s’en faire le propagandiste, cette variante a beaucoup perdu en popularité.

Sommaire

 

  • 1 Variante Sozine classique
  • 2 Attaque Velimirović
  • 3 Attaque Fischer-Sozine : 6. Fc4 contre la Najdorf
  • 4 Notes et références
  • 5 Bibliographie

Variante Sozine classique

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Après les coups 1. e4 c5 2. Cf3 Cc6/d6 3. d4 cxd4 4. Cxd4 Cf6 5. Cc3 d6/Cc6 6. Fc4, un choix s’offre aux noirs : ils peuvent jouer le coup 6… Fd7, qui prépare le développement du Ff8 en fianchetto (sur 6… g6 immédiatement suit 7. Cxc6 bxc6 8. e5 et 8… dxe5 perd alors sur 9. Fxf7+ gagnant la dame noire), ou encore le coup de contre-attaque 6… Db6, qui fut le thème de nombreuses parties entre Veseline Topalov et Vladimir Kramnik dans les années 1990. Toutefois le coup principal est 6… e6, afin de limiter l’action du Fc4, ce qui amène une structure de pions Scheveningue.

La variante principale de la Sozine classique continue alors par 7.Fb3 a6 8.Fe3 Fe7 9.f4 0-0 10.0-0 Cxd4 11.Fxd4 b5 12.e5, par exemple :

Short, N (2655) – Kasparov, G (2805) [B88] Championnat du monde PCALondres (14), 07.10.1993

1.e4 c5 2.Cf3 d6 3.d4 cxd4 4.Cxd4 Cf6 5.Cc3 a6 6.Fc4 e6 7.Fb3 Cc6 8.Fe3 Fe7 9.f4 0-0 10.0-0 Cxd4 11.Fxd4 b5 12.e5 dxe5 13.fxe5 Cd7 14.Ce4 Fb7 15.Cd6 Fxd6 16.exd6 Dg5 17.De2 e5 18.Fc3 Dg6 19.Tad1 Rh8 20.Fd5 Fxd5 21.Txd5 De6 22.Tfd1 Tfc8 23.Fa5 Tc6 24.b3 Tac8 25.Fc7 Te8 26.c4 bxc4 27.bxc4 f5 28.h3 h6 29.Dc2 e4 30.Da4 Tc5 31.Txc5 Cxc5 32.Dc6 Cd7 33.Dd5 Dg6 34.Dd2 Te5 35.De3 De6 36.Tc1 Tc5 37.Tc2 Rg8 38.a4 Rf7 39.Df2 e3 ½-½

Attaque Velimirović

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Dans les années 1960, les blancs cherchèrent une suite plus active encore que les variantes avec petit roque de la variante Sozine; c’est ainsi que les joueurs yougoslaves, notamment Matulović et Velimirović, conçurent un nouveau plan de jeu impliquant le grand roque : cette variante sans compromis reçut le nom d’attaque Velimirović et constitue l’une des ouvertures les plus tranchantes de la théorie des échecs1. Dans l’attaque Velimirović, les blancs se développent suivant le schéma Fc4-b3, puis Fe3, De2, 0-0-0; par la suite, ils poussent leur pion g (au lieu du pion f dans la Sozine classique) avant d’entamer une violente attaque sur le roi noir, très souvent au moyen de sacrifices matériels :

 Attaque vélimirovic. Position après 14...Fb7
Position après 14… Fb7

Fedorov, A (2595) – Kobalija, M (2500) [B89] Coupe des clubs de Russie Maikop (1), 03.06.1998

1.e4 c5 2.Cf3 d6 3.d4 cxd4 4.Cxd4 Cf6 5.Cc3 Cc6 6.Fc4 e6 7.Fe3 a6 8.De2 Dc7 9.0-0-0 Fe7 10.Fb3 0-0 11.Thg1 Cd7 12.g4 Cc5 13.Cf5 b5 14.Fd5 Fb7 (cf diagramme) 15.g5 Tfc8 16.Tg3 b4 17.Cxg7 Rxg7 18.Dh5 Tg8 19.Fxe6 bxc3 20.Fxf7 Da5 21.Th3 Rf8 22.Tf3 Ce5 23.Fd5+ Rg7 24.Tf7+ 1-0

Alexeï Shirov écrit à propos des coups 13. Cf5 et 14. Fd5 : « ces sacrifices sont bien connus de la théorie et il a été prouvé qu’aucune des deux pièces ne peut être prise » et attribue le coup 15… Tfc8 à Zigurds Lanka (A. Sokolov – Lanka, Riga 1987)2. La partie A. Sokolov – Salov, suivant entièrement une analyse effectuée par Sokolov six ans auparavant, illustre bien le degré de préparation nécessaire dans de telles variantes :

Sokolov, A – Salov, V [B89] Nikolaïev, 1983

(quatorze premiers coups identiques) 15.g5 exf5 16.g6 hxg6 17.Txg6 Ce5 18.Txg7+ Rxg7 19.Tg1+ Cg6 20.exf5 Th8 21.Fd4+ Ff6 22.fxg6 fxg6 23.Dg4 Th6 24.Fxf6+ Rh7 25.Te1 Fxd5 26.Cxd5 Dc8 27.Te7+ Rg8 28.Tg7+ Rf8 29.Tg8+ Rxg8 30.Ce7+ 1-0

Dans Understanding chess move by moveJohn Nunn donne comme ligne principale de l’attaque Velimirović la variante 15. g5 Tfc8 16. Tg3 Ff8 17. Dh5 g6 18. Ch6+ Rh8 19. Dh4 b4 20. Cg4 bxc3 21. Th3 f5 22. Cf6 h6 23. Dxh6+ Fxh6 24. Txh6+ Rg7 25. Th7+ Rf8 26. Th8+ avec nulle par échec perpétuel (Rogers – Lanka, Linz 1997)3.

Attaque Fischer-Sozine : 6. Fc4 contre la Najdorf

 Attaque Fischer Sozine 6.Fc4 contre la Najdorf
Position après 6. Fc4

Le Fc4 prenant contrôle de la diagonale a2/g8, le coup 6… e5, thématique de la Najdorf, devient peu attrayant pour les noirs. Ceux-ci préfèrent donc presque invariablement 6… e6, afin de limiter l’action du fou blanc. Les blancs répondent ensuite majoritairement 7. Fb3, un coup prophylactique typique ; c4 est un poste instable pour le fou : il peut être embarrassé par les poussées b5 ou d5 ou l’attaque par Dc7, et donne aux noirs la ressource tactique Cxe4 suivi de la fourchette d5. Les principes généraux recommandent donc en pareille situation de jouer en premier le coup qui s’avère de toute façon nécessaire, c’est-à-dire 7. Fb3. Certains auteurs remarquent cependant que 7. 0-0, bien que privant les blancs de plusieurs options intéressantes, empêche également les noirs de se développer comme ils l’entendent : le système avec 7… Cbd7 devient beaucoup plus risqué à jouer, la différence entre le développement noir et le développement blanc se faisant sentir4.

Les noirs ont le choix du développement à adopter après 7. Fb3 :

  • le traitement typique de la Najdorf est de se développer par b5, Fb7, Fe7 et 0-0, souvent en différant le coup Cbd7 (la conjonction de Fe7 et Cbd7 provoque en effet le sacrifice thématique Fxe6, le pion g7 se retrouvant « en l’air » sur échec après fxe6 Cxe6; les blancs obtiendront alors trois pions pour la pièce et une dangereuse attaque contre un roi noir au centre et affaibli5). Ce plan commence en général par 7… b5 et est considéré comme la variante principale de la Najdorf 6. Fc4.
  • il est possible de transposer dans des variantes de l’attaque Sozine par un Cc6 ultérieur. Cela est spécialement intéressant lorsque les blancs ont joué un petit roque rapide (par exemple 7. Fb3 Fe7 8. 0-0 Cc6, ou 7. 0-0 Cc6), car les noirs ont alors évité la dangereuse attaque Velimirović.
  • jouer immédiatement 7… Cbd7, avec l’idée de placer le cavalier à c5, d’où il exerce plusieurs tâches utiles : il fait pression sur le pion e4, contrôle la case sensible e6, et peut s’échanger contre le dangereux Fb3. Une problématique en découle : les deux temps dévolus au placement du cavalier à c5 ne constituent-ils pas une concession trop importante et, en particulier, le pion e4 peut-il être pris être dans de bonnes conditions si les blancs le sacrifient en poursuivant leur développement ? Deux parties jumelles jouées au tournoi d’Amsterdam 1996 exposent bien les ressources réciproques :
 position après 6.Fc4 e6 7.Fb3 Cbd7 8.f4 Cc5 9.0-0
position après 6. Fc4 e6 7. Fb3 Cbd7 8. f4 Cc5 9. 0-0.

Topalov, V (2700) – Kasparov, G (2775) [B86]

Tournoi VSB Amsterdam (1), 1996

1.e4 c5 2.Cf3 d6 3.d4 cxd4 4.Cxd4 Cf6 5.Cc3 a6 6.Fc4 e6 7.Fb3 Cbd7 8.f4 Cc5 9.0-0 (cf diagramme) Ccxe4 10.Cxe4 Cxe4 11.f5 e5 12.Dh5 De7? 13.Df3 Cc5 14.Cc6 Dc7 15.Fd5 a5 16.Fg5 Ta6 17.Cd8 f6 18.Cf7 Tg8 19.Fe3 g6 20.Cg5 Tg7 21.fxg6 Txg6 22.Ff7+ Dxf7 23.Cxf7 Rxf7 24.Fxc5 dxc5 25.Tad1 Fe7 26.Td5 Fg4 27.De4 Rg7 28.Tfd1 Fxd1 29.Txd1 Te6 30.Df5 Rf7 31.Te1 b6 32.h4 Tg7 33.Rf1 Fd6 34.Rf2 Fc7 35.Rf3 Re7 36.Te4 Rf7 37.Tg4 Te7 38.Re4 Txg4+ 39.Dxg4 Fd8 40.a4 Rf8 41.c3 Tg7 42.Dc8 Re8 43.De6+ Rf8 44.g4 Tf7 45.h5 Tg7 46.h6 Tg6 47.Dd5 Fe7 48.Rf5 Txh6 49.Db7 e4 50.Db8+ Rf7 51.Dxb6 e3 52.De6+ Re8 53.Dxe3 Tg6 54.De4 Tg5+ 55.Rf4 Rd7 56.Db7+ Re6 57.Dc8+ Rf7 58.Dc7 h5 59.gxh5 Txh5 60.Dxa5 Fd6+ 61.Re4 f5+ 62.Rd5 Fe7 63.Dc7 Th6 64.a5 Td6+ 65.Re5 Tf6 66.Dc8 1-06

Topalov, V (2700) – Short, N (2665) [B86] Tournoi VSB Amsterdam (3), 1996

(douze premiers coups identiques) 12… d5! 13.Te1 Fc5 14.Txe4 Fxd4+ 15.Fe3 0-0 16.Txd4 exd4 17.Fxd4 f6 18.Fc5 Te8 19.Td1 Rh8 20.Txd5 Fd7 21.h3 Te5 22.Txe5 fxe5 23.Ff7 Fe8 24.Fg6 h6 25.Fxe8 Dxe8 26.Dxe8+ Txe8 27.Fd6 Td8 28.Fxe5 Td5 29.Fc3 Txf5 30.Fd4 b5 31.c3 h5 32.Ff2 Rg8 33.Rf1 Rf7 34.Re2 Re6 35.Fd4 g6 36.Fb6 Rd5 37.Fc7 Re4 38.Fd8 Td5 39.Fh4 Td3 40.Ff2 a5 41.Fe1 a4 42.Fd2 Td7 43.Fh6 Td5 44.Fc1 Tc5 45.Fe3 a3 46.Fc1 b4 0-17

En dépit d’une vingtaine d’années de recherches théoriques et pratiques, la théorie n’a pas encore franchement déterminé quelle est la meilleure attitude à adopter pour les blancs, d’où l’emploi d’une profusion de variantes différentes; après 8. f4 Cc5 (8. Fg5 est aussi populaire), les blancs n’ont pas moins de quatre systèmes à disposition : 9. 0-09. f59. e5 et 9. Df3.

De même, à partir de 7. Fb3 b5 (cf diagramme), la pratique a vu plusieurs conceptions se succéder quant à la façon de poursuivre pour les blancs :

 Position après 6.Fc4 e6 7.Fb3 b5
Position après 6. Fc4 e6 7. Fb3 b5.
  • Le traitement classique, populaire à l’époque de Fischer, consiste à pousser f2-f4 dès le 8e coup, et ensuite de percer rapidement au centre par f4-f5 ou e4-e5.

Par f4-f5 les blancs font pression sur le pion e6. Si les noirs sont forcés de jouer e6-e5, alors l’action du fou blanc à b3 s’en trouve élargie et les noirs ont une case faible à d5 – un modèle de cette stratégie est fourni par la partie classique suivante, où les blancs réussissent à conquérir l’avant-poste d5 pour leur cavalier :

Fischer, R – Gadia, O [B87] Mar del Plata (3), 31.03.1960

1.e4 c5 2.Cf3 d6 3.d4 cxd4 4.Cxd4 Cf6 5.Cc3 a6 6.Fc4 e6 7.Fb3 b5 8.0-0 Fb7 9.f4 Cc6 10.Cxc6 Fxc6 11.f5 e5 12.Dd3 Fe7 13.Fg5 Db6+ 14.Rh1 0-0 15.Fxf6 Fxf6 16.Fd5 Tac8 17.Fxc6 Txc6 18.Tad1 Tfc8 19.Cd5 Dd8 20.c3 Fe7 21.Ta1 f6 22.a4 Tb8 23.Cxe7+ 1-08,9 ;

Toutefois, la théorie montre que certaines des positions où les noirs concèdent e6-e5 restent néanmoins parfaitement jouables pour eux10.

Par e4-e5, les blancs ouvrent la colonne f et chassent le Cf6, principal défenseur du roque. Cette possibilité donne un jeu beaucoup plus aigu que f4-f5, néanmoins les ressources noires semblent plus qu’adéquates11,12. Un exemple de ce genre de jeu sur le fil du rasoir est fourni par la partie (« composée »13) suivante  :
Short, N (2690) – Kasparov, G (2795) [B87] Novgorod (10), 23.06.1997
1.e4 c5 2.Cf3 d6 3.d4 cxd4 4.Cxd4 Cf6 5.Cc3 a6 6.Fc4 e6 7.0-0 Fe7 8.Fb3 0-0 9.f4 b5 10.e5 dxe5 11.fxe5 Cfd7 12.Fe3 Cxe5 13.Dh5 Cbc6 14.Cxc6 Cxc6 15.Tf3 b4 16.Th3 h6 17.Td1 Da5 18.Cd5 exd5 19.Tg3 d4 20.Fd5 Fg5 21.Fxg5 Dxd5 22.Ff6 Dxh5 23.Txg7+ Rh8 24.Tg6+ Rh7 25.Tg7+ ½-½14

Quant à la capture immédiate du pion e4 par 8. f4 b4 9. Ca4 Cxe4, elle s’avère très risquée pour les noirs, comme en témoigne cette partie classique :

Fischer, R – Tal, M [B87] Tournoi des Candidats Bled/Zagreb/Belgrade (27), 26.10.1959

1.e4 c5 2.Cf3 d6 3.d4 cxd4 4.Cxd4 Cf6 5.Cc3 a6 6.Fc4 e6 7.Fb3 b5 8.f4 b4 9.Ca4 Cxe4 10.0-0 g6 11.f5 gxf5 12.Cxf5 Tg8 13.Fd5 Ta7 14.Fxe4 exf5 15.Fxf5 Te7 16.Fxc8 Dxc8 17.Ff4 Dc6 18.Df3 Dxa4 19.Fxd6 Dc6 20.Fxb8 Db6+ 21.Rh1 Dxb8 22.Dc6+ (après cette erreur de nature psychologique, la dangereuse attaque des blancs s’évapore pour de bon15) Td7 23.Tae1+ Fe7 24.Txf7 Rxf7 25.De6+ Rf8 26.Dxd7 Dd6 27.Db7 Tg6 28.c3 a5 29.Dc8+ Rg7 30.Dc4 Fd8 31.cxb4 axb4 32.g3 Dc6+ 33.Te4 Dxc4 34.Txc4 Tb6 35.Rg2 Rf6 36.Rf3 Re5 37.Re3 Fg5+ 38.Re2 Rd5 39.Rd3 Ff6 40.Tc2 Fe5 41.Te2 Tf6 42.Tc2 Tf3+ 43.Re2 Tf7 44.Rd3 Fd4 45.a3 b3 46.Tc8 Fxb2 47.Td8+ Rc6 48.Tb8 Tf3+ 49.Rc4 Tc3+ 50.Rb4 Fa1 51.a4 b2 0-116

  • Lorsque la théorie prouva que le traitement classique pouvait être neutralisé par des réponses justes des noirs, laissant parfois les blancs dans une position simplement inférieure, la plupart des joueurs abandonnèrent cette stratégie trop directe et unidimensionnelle au profit d’une autre conception, tendant à privilégier le jeu de pièces afin d’accroître l’avance de développement des blancs.

Deux variantes majeures doivent être mentionnées ici :

 Variante moderne 6.Fc4 e6 7.Fb3 b5 8.0-0 .Fe7 9.Df3
Variante moderne 6. Fc4 e6 7. Fb3 b5 8. 0-0 Fe7 9. Df3.

1) 7.Fb3 b5 8. 0-0 Fe7 9. Df3 (cf diagramme), appelée variante moderne bien qu’elle ait été déjà jouée par Fischer17. Elle fut le choix de Short contre Kasparov en 1993 lorsque ce dernier abandonna finalement le système risqué 7… Cbd7 dans les dernières parties du match. Cette ligne donna à Short son unique victoire :

Short, N (2655) – Kasparov, G (2805) [B87] Championnat du Monde PCALondres, 16e partie, 12.10.1993

1.e4 c5 2.Cf3 d6 3.d4 cxd4 4.Cxd4 Cf6 5.Cc3 a6 6.Fc4 e6 7.Fb3 b5 8.0-0 Fe7 9.Df3 Dc7 10.Dg3 Cc6 11.Cxc6 Dxc6 12.Te1 Fb7 13.a3 Td8 14.f3 0-0 15.Fh6 Ce8 16.Rh1 Rh8 17.Fg5 Fxg5 18.Dxg5 Cf6 19.Tad1 Td7 20.Td3 Tfd8 21.Ted1 Dc5 22.De3 Rg8 23.Rg1 Rf8 24.Df2 Fa8 25.Ce2 g6 26.Cd4 De5 27.Te1 g5 28.c3 Rg7 29.Fc2 Tg8 30.Cb3 Rf8 31.Td4 Re7 32.a4 h5 33.axb5 axb5 34.Tb4 h4 35.Cd4 g4 36.Txb5 d5 37.Dxh4 Dh5 38.Cf5+ 1-018

 Variante Muller
Variante Müller 6. Fc4 e6 7. Fb3 b5 8. Fg5 Fe7 9. Df3.

2) 7. Fb3 b5 8. Fg5 Fe7 9. Df3 (cf diagramme), une variante agressive et très tactique popularisée dans les années 1990 par le grand maître allemand Karsten Müller19,20. L’idée est de poursuivre par la percée e4-e5. La partie suivante fournit un exemple de l’efficacité tactique de cette idée; elle fut votée meilleure partie de l’Informateur volume 102, et le sacrifice de dame 14. Dxe6+ voté deuxième meilleure nouveauté théorique du même volume21.

Ivantchouk, V (2751) – Kariakine, S (2732) [B87] Tournoi Amber Rapide Nice FRA (4), 18.03.2008

1.e4 c5 2.Cf3 d6 3.d4 cxd4 4.Cxd4 Cf6 5.Cc3 a6 6.Fc4 e6 7.Fb3 b5 8.Fg5 Fe7 9.Df3 Dc7 10.e5 Fb7 11.exd6 Fxd6 12.De3 Fc5 13.0-0-0 Cc6 14.Dxe6+ fxe6 15.Cxe6 De5 16.Cxg7+ Rf8 17.Ce6+ Rf7 18.The1 Dxe1 19.Cxc5+ Rg6 20.Txe1 Rxg5 21.Cxb7 Cd4 22.Cd6 Thf8 23.f3 b4 24.Cce4+ Cxe4 25.Txe4 Cxb3+ 26.axb3 a5 27.Tg4+ Rf6 28.Ce4+ Re5 29.Th4 a4 30.bxa4 Txa4 31.Cc5 Ta1+ 32.Rd2 Tg8 33.g3 Tf1 34.Re2 Tb1 35.Txb4 Rd5 36.Ce4 Rc6 37.h4 Th1 38.Tc4+ Rb6 39.b4 Td8 40.Tc5 Ta8 41.c3 Ta2+ 42.Re3 Te1+ 43.Rf4 Tf1 44.Th5 Ta8 45.Th6+ Rb5 46.Cd6+ Ra4 47.Txh7 Rb3 48.Tc7 Td8 49.Cf5 1-022
Il faut enfin noter que si les blancs peuvent essayer d’autres dispositifs tels que 8. Fe3, ils ne peuvent transposer à leur guise dans l’attaque Velimirović. En omettant le coup Cc6 de la variante Sozine classique, les noirs peuvent jouer b7-b5-b4 sans préparation; le contre-jeu noir à l’aile-dame survient alors bien plus rapidement, comme l’illustre la partie suivante :

Ljubojević, L (2510) – Polougaïevski, L (2640) [B87] Tournoi IBM, Amsterdam, 1972

1.e4 c5 2.Cf3 d6 3.Cc3 Cf6 4.d4 cxd4 5.Cxd4 a6 6.Fc4 e6 7.Fb3 b5 8.Fe3 Fe7 9.De2 0-0 10.0-0-0 b4 11.Ca4 Da5 12.Cf3 Cbd7 13.Cd2 Fb7 14.f3 Fc6 15.Cc4 Dc7 16.Cab6 Tab8 17.Cxd7 Fxd7 18.Df2 Fb5 19.Cb6 Dc6 20.Rb1 Fd8 21.Dg3 Fxb6 22.Txd6 Fc7 23.Txc6 Fxg3 24.Txe6 fxe6 25.Fxe6+ Rh8 26.hxg3 Tfe8 27.Fb3 a5 28.g4 Cxe4 29.fxe4 Txe4 30.Fa7 Tbe8 31.a4 bxa3 32.bxa3 Te1+ 33.Txe1 Txe1+ 34.Rb2 Fc6 35.g3 Te4 36.g5 Tg4 37.Fb8 Txg5 38.Rc3 a4 39.Fe6 Fe4 40.Ff4 Tg6 41.Fd7 Ta6 42.Fb5 Ta8 43.Rb2 g5 44.Fe5+ Rg8 45.c4 Rf7 46.Rc3 Re6 47.Rd4 Ff3 48.c5 h5 49.Fc4+ Rd7 50.Fb5+ Fc6 51.Fe2 h4 52.Fg4+ Re7 53.gxh4 gxh4 54.Re3 Td8 55.Ff5 Td1 56.Rf4 Tg1 57.Fd6+ Rf7 58.Fg4 Tg3 59.Rg5 Txa3 60.Rxh4 Te3 61.Ff4 Te4 62.Rg5 a3 63.Ff3 Txf4 0-123

Notes et références

  1.  (en) Mikhail Tal, The Life and Games of Mikhail Tal (1997), Everyman Chess, p.351
  2.  (en) Alexeï Shirov, Fire On Board (1997), Cadogan Chess, p.129
  3.  (en) John Nunn, Understanding chess move by move (2001), Gambit, p.88-96
  4.  (en)John Nunn & Joe GallagherThe Complete Najdorf : Modern Lines (1998), Batsford, p. 6 ;
  5.  (enTony KostenEasy Guide to the Najdorf (1999), Everyman Chess, p.46-48
  6.  (enTopalov – Kasparov, Amsterdam 1996 [archive] sur ChessGames.com
  7.  (enTopalov – Short, Amsterdam 1996 [archive] sur ChessGames.com
  8.  (enTony KostenEasy Guide to the Najdorf (1999), Everyman Chess, p.46
  9.  (enFischer – Gadia, Mar del Plata 1960 [archive] sur ChessGames.com
  10.  (enTony KostenEasy Guide to the Najdorf (1999), Everyman Chess, p.60-63
  11.  (en)John Nunn & Joe GallagherThe Complete Najdorf: Modern Lines (1998), Batsford, p. 22-28
  12.  (enTony KostenEasy Guide to the Najdorf (1999), Everyman Chess, p.55-60
  13.  (enThe fake Heroes of Chernobyl revisited [archive] sur Chessbase.com
  14.  (enShort – Kasparov, Novogorod 1997 (10) [archive] sur ChessGames.com
  15.  (en) Mikhail Tal, The Life and Games of Mikhail Tal (1997), Everyman Chess, p.123
  16.  (enFischer – Tal, Belgrade 1959 [archive] sur ChessGames.com
  17.  (enFischer – Olafsson, Buenos Aires 1960 [archive] sur ChessGames.com
  18.  (enShort – Kasparov, Londres 1993, 16e partie [archive] sur ChessGames.com
  19.  (en)John Nunn & Joe GallagherThe Complete Najdorf : Modern Lines (1998), Batsford, p. 10-12
  20.  (en) Jeroen Bosch, Karsten Müller’s favourite sicilian, in New in Chess Yearbook volume 67 (2003), p.25-28
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Bibliographie

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