Défense Nimzovitch

La défense Nimzowitsch  est constituée par les coups 1.e4 Cc6.

Défense Nimzocitch du pion roi

Assez peu fréquente, elle permet de multiples transpositions et se caractérise par sa souplesse. Le grand maître international britannique Tony Miles en fit son arme de prédilection dans les années 1980.

C’est un exemple d’ouverture hypermoderne où, dans un premier stade, les Noirs invitent les blancs à occuper le centre de l’échiquier avec leurs pions. L’intention des Noirs est de lutter contre le centre de pions blanc, soit par une avance de développement, soit par une stratégie de blocus.

Reuben Fine dans son ouvrage Les Idées cachées dans les ouvertures d’échecs identifie deux stratégies différentes pour les Noirs face à un 1.e4 : la contre-attaque et la défense par surprotection. Ce pion e4 représente toute la force du jeu des Blancs, c’est sur lui que toute la stratégie noire doit se développer. En d’autres termes, si les Noirs arrivent à l’éliminer sans inconvénient, leur stratégie d’ouverture sera couronnée de succès.

Le pion est éliminé soit en le capturant sans compensation immédiate, soit en provoquant des échanges. L’échange pourra se faire sur la case d5 (plus difficilement sur f5).

Selon le moment de la capture ou de l’échange, l’ouverture prend un nom différent. Dans la défense scandinave, les Noirs le font immédiatement. Dans la Nimzowitsch, il faut attendre le deuxième coup, la sortie du cavalier dame doit être vue comme une préparation de cette poussée libératrice.

Cette ouverture est dite de « combat », car en prenant des risques, les Noirs forcent les Blancs à sortir de leur préparation et à jouer des positions relativement inhabituelles.

Principales variantes

  • 2.d4 d5. C’est la ligne que préférait Aaron Nimzowitsch, le créateur de l’ouverture. À présent les Blancs peuvent choisir entre:
    • 3.e5 Ff5 et la position va ressembler à la variante d’avance de la défense française, avec cependant des caractéristiques propres dont un Fou non enfermé derrière la chaîne de pions.
    • 3.exd5 Dxd5. L’échange e4xd5 est sans doute la suite la plus simple pour les noirs, car après la reprise de la dame, plus rien ne les empêche de liquider le centre par l’avance e5.;
    • 3. Cc3 dxe4 (3… e6 amène à une sorte de défense française considérée un peu inférieure aux lignes françaises principales parce que les Noirs ont bloqué leur pion c) 4.d5 Ce5, quand les Blancs continuent d’habitude dans un style de gambit avec 5. Dd4 ou 5. Ff4 Cg6 6. Fg3.
  • 2.d4 e5. Une ligne solide, la préférée du regretté grand maître international britannique Tony Miles. Les Blancs peuvent revenir à la Partie écossaise avec 3. Cf3, ou jouer 3.d5 Ce7 (3… Cb8, qui vaut peut-être mieux que sa réputation, mais est considéré comme inférieur), qui ne donne dans la pratique qu’un faible avantage aux Blancs.
  • 2. Cf3, indiqué par quelques bases de données comme le coup le plus habituel, est souvent joué par les Blancs peu soucieux de se risquer à se battre sur le terrain de leur adversaire. Les Noirs doivent décider s’ils transposent dans une autre ouverture ou s’ils restent dans la défense Nimzowitsch.
    • 2… e5, en ramenant à une ouverture double du pion du roi, peut représenter le meilleur coup,
    • 2…d6 (2…e6 2… d5 et 2… g6 sont jouables, mais ont tendance à mener à des variantes inférieures de défenses bien connues.), le meilleur si l’on désire rester dans la Nimzowitsch. 3.d4 Cf6 4.Cc3 Fg4 avec pression sur le centre.
    • 2… Cf6, El Columpio, comme la Colorado sont des suites extrêmement agressives et sans doute légèrement douteuses… si la Colorado est risquée sur le plan tactique, El Columpio se risque, elle, sur le plan stratégique.
    • 2… f5, la Colorado ; a été joué avec quelque succès par le maître international américain Doug Root et plus récemment par le maître international finlandais Olli Salmensuuet quelques autres. Il peut aboutir à des situations fort compliquées, par ex. 3.exf5 d5 4. Ch4!? e5!? 5. Dh5+ g6 6.fxg6 Cf6! 7.g7+ Cxh5 8.gxh8(D) Dxh4 9. Dxh7 Cd4, situation où les Blancs ont l’avantage d’une tour, mais où les Noirs possèdent une avance énorme dans le développement et où le roi blanc est en danger. Naiditsch-Doettling, Dortmund 2000, a fini par un match nul après des complications supplémentaires : 10.Dg6+ Kd8 11.d3 Cf4! 12.Df7 Fb4+ 13.c3 Fg4! 14.Dg8+ Rd7 15D+ Rc6 16.g3 Cf3+ 17.Rd1 Cd4+ 18.Rd2 Nf3+ 19.Rd1 Nd4+ 1/2-1/2. Le maître international britannique Gary Lane recommande comme le coup le plus solide 4.d4 Fxf5 5. Fb5 (essayant de profiter de l’affaiblissement de la case e5) Dd6 6. Ce5 Cf6 7.0-0 Cd7 8. Fxc6 bxc6 9. Df3! Cxe5 (ou 9… e6 10.g4 Fg6 11. Cxg6 hxg6 12. Ff4 Db4 13. Dd3) 10. Dxf5 Cf7 11. Ff4 Dd7 12. Dxd7 + Rxd7 13. Cb3 ; à ce moment-là la structure inférieure des pions noirs a donné aux Blancs un léger avantage dans la partie Shaw-Salmensuu, Championnat européen par équipe, León 2001 (1-0, 63).
  • 2. Cc3 luttant pour le contrôle de la case d5, cette suite peut amener d’étranges positions
    • 2…e6 3.d4 Fb4 ou bien encore
    • 2…Cf6 3.d4 d6.

Bibliographie

  • Igor Berdichevsky, Modern Practice: 1…Cc6!?, Russian Chess House, 2004
  • Raymond KeeneByron JacobsA Complete Defense for Black, Batsford, 1996
  • Christoph Wisnewski, Play 1…Cc6!, Everyman Chess, 2007

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