Créer /Exploiter une case faible

Les propriétés des cases sont diverses mais les discussions les plus récurrentes sont relatives au complexe « case forte /case faible. »

« Si une case est forte pour un camp, elle est en même temps faible pour l’autre camp. »

Une case faible est une case que l’on ne peut plus contrôler par un pion (un contrôle pièce n’est qu’un contrôle d’ordre inférieur), elle sera donc forte pour l’autre camp qui pourra exploiter cette dernière impunément !

Pour ma part on peut compléter cette typologie par le concept de case « assimilée forte ». En effet une case A peut faire l’objet d’un contrôle pion, à ce titre on ne pourra lui attribuer le statut de case forte. Cependant ce contrôle pion de la case A peut générer une case B faible c’est ainsi que la case A jouit d’un statut de case « assimilée forte » donc forte ! Et en définitive le joueur aura soit A soit B.

Ces deux notions de case forte (faible pour l’adversaire) et de case assimilée forte (assimilée faible pour l’adversaire) seront développées dans les chapitres suivants !

Mais avant de débuter cet ouvrage, je tiens à vous soumettre une question qui paraît simple ou même simpliste : Connaissez-vous la façon sérieuse de jouer un pion ! Oui je vous avais prévenu ! C’est, très simple il suffit de faire le différentiel entre les cases contrôlées avant de jouer le pion et les cases que je vais et veux, contrôler ! Sachant qu’un pion joué ne recule pas, jouer un pion (ou renoncer définitivement au contrôle des cases contrôlées initialement) est toujours une décision majeure !

Dans le diagramme ci-dessus les Blancs contrôlent les cases d3 et f3 avec le pion e2. Que les Blancs jouent e3 (où ils contrôlent d4 et f4) ou e4 (où ils contrôlent d5 et f5), ils perdent le contrôle de d3 et f3.

Voilà donc la façon sérieuse de jouer un pion ! « Choisir c’est renoncer » comme disait le philosophe, qui avait besoin d’être philosophe pour énoncer une telle platitude, mais oh combien vraie !

La notion de case forte est donc une donnée structurelle majeure. Rappelons simplement que toute stratégie par-delà l’échiquier se développe sur des cases et des lignes.

« Point de cases et de lignes, point de stratégie et encore moins de victoire ! »

A titre corollaire, jouer, s’exprimer, défendre une idée est le mouvement naturel aux échecs, et pour cela nous avons besoin de « zones d’expressions ». Il est aisé donc d’en déduire, que d’empêcher l’autre de s’exprimer (lui interdire l’accès à toute « zone d’expression ») est important et utile aussi. Tout joueur bien formé saura à quel moment il faut faire et à quel moment il faut empêcher l’autre de faire. Parlez-en à Petrossian qui en son temps était passé maître en la matière.

Staunton Williams Londres 1851

La partie

Phase clés

Trait aux Blancs

Trait aux Blancs

Trait aux Noirs

Trait aux Noirs

Synthèse

  • bxc3 Les Blancs prennent avec le pion « b », à priori pour exploiter la colonne « b »; La case c4 est devient faible !
  • Au 14è coup les blancs auraient du jouer14.Fxb7 et la partie eut été totalement différente. 
  • Les Blancs auraient du jouer 15.dxc5 dxc5 16.Cf4 Avec une position égale! Et une position plus enviable pour les Blancs que la partie réelle !
  • 20…Df7 ! Afin de jouer Cc4, le reste n’est qu’une affaire de technique.
  • On n’a rarement vu un tel niveau de désorganisation des pièces chez les blancs.

 

Conclusion

Les Noirs ont très bien exploité la case « c4 »

Les Blancs auraient dû prendre en b7 au 14è et s’eut été une autre partie !