Les simultanées

Aux jeux d’échecs, de dames, de go ou dans tout jeu de société se jouant en un contre un, une partie simultanée ou, plus couramment, une « simultanée » est une rencontre entre un fort joueur (le plus souvent un maître international ou un grand maître international) et de nombreux adversaires, généralement d’un niveau amateur, chacun sur un tablier (échiquier, damier, goban, etc.) séparé.

Description

Aux échecs

Une simultanée de Nigel Short en 1976.

En général, lors d’une partie simultanée il n’est pas fait usage de pendule d’échecs. Les échiquiers sont disposés en cercle ou en carré autour du maître, celui-ci ayant les Blancs sur chacun des échiquiers.

Le maître passe d’un échiquier à l’autre dans un ordre déterminé, et ses adversaires jouent au moment où il se présente devant leur échiquier. La réponse du maître est généralement rapide pour éviter que l’événement ne dure trop longtemps. Contrairement à l’habitude du jeu en tournoi, le maître dispose du droit de reprendre son coup après l’avoir joué, aussi longtemps qu’il n’a pas joué de coup sur l’échiquier suivant.

Une simultanée se déroule généralement sur une vingtaine d’échiquiers, mais le nombre varie en fonction du temps disponible et de la force des opposants. Au fur et à mesure que la rencontre progresse et que des parties s’achèvent, le temps entre deux coups diminue. On regroupe parfois les joueurs sur des tables adjacentes et il arrive que l’on fasse alors usage d’une pendule pour limiter le temps de réflexion de chaque adversaire.

Une simultanée de Garry Kasparoven 2007.

Il existe aussi des simultanées à la pendule où les règles sont semblables à celles d’un tournoi ; le temps est limité par une pendule sur chaque échiquier. Le nombre d’adversaires est normalement beaucoup plus restreint et leur niveau plus élevé. C’est un défi sérieux pour le champion, car il doit gérer, en plus de ses adversaires, son temps dans chaque partie, et doit donc faire preuve de toute sa force. Dans les années 1980, le champion du monde Garry Kasparov a plusieurs fois affronté des équipes nationales en simultanées à la pendule.

Il existe également des simultanées à l’aveugle où le maître ne voit pas les échiquiers. Un assistant passe d’échiquier en échiquier en énonçant les coups joués à voix haute, et le maître y répond de même. Le champion américain Paul Morphy ou le grand-maître franco-russe Alexandre Alekhine, ont, entres autres, disputé à plusieurs reprises des rencontres de ce type.

Des compétitions similaires sont organisées sur des serveurs d’échecs sur internet tels que l’ICC ou FICS.

Simultanée en tandem

Une variante moins populaire de la partie simultanée est la simultanée en tandem, également connue sous le nom de « simultanée en saute-mouton » (en anglais, « leapfrog simultaneous exhibition »), où plus d’un (habituellement deux) maîtres jouent un certain nombre d’adversaires, effectuant des mouvements successifs sans se consulter1.

Records

Aux échecs

  • En 1996, le premier record du monde de parties simultanées, enregistré par le Livre Guinness des records, est établi par le grand maître suédois Ulf Andersson en affrontant 310 adversaires simultanément.
  • En 2004, le maître international britannique Andrew Martin2 bat ce record avec 321 adversaires, marquant 294 victoires26 nulles et subissant une défaite avec un pourcentage de gain de 95,64 %.
  • En Susan Polgar bat ce record avec 350 adversaires à Palm Beach en Floride.
  • En , le record est à nouveau battu par le grand maître bulgare Kiril Georgiev qui affronte 360 joueurs durant 14 heures, remportant 280 parties, faisant 74 nulles et n’en perdant que 6, soit un pourcentage de gain de 88,06 % (un score de 80 % minimum est nécessaire pour que le record soit homologué).
  • En , le grand maître iranien Morteza Mahjoub (en) bat ce record avec 500 adversaires (+397 =90 -13, soit 88,4 %). L’épreuve a duré 18 heures3.
  • Le , ce record est battu par le grand maître israélien Alik Gershon (en) qui affronta 523 adversaires à Tel Aviv (+454 =58 -11, soit 92,35 %)4.
  • Le , le grand maître iranien Ehsan Ghaem-Maghami bat ce record en affrontant 604 adversaires (+580 =16 -8, soit 97,35 %)5. 10 tables ajoutées, qu’il remporte toutes (+590 =16 -8, soit 97,39 %6), ne sont pas prises en compte dans le record5. Au cours des 25 heures de la simultanée, il parcourt en se déplaçant de table en table une distance totale de 55 kilomètres6.

Aux dames

  • Le joueur sénégalais Baba Sy a joué en 1962 contre 150 adversaires pendant 7 heures et 50 minutes7.
  • Le 24 janvier 1988 à Paris, le joueur soviétique Vladimir Agafonov (ru) a joué une partie simultanée de 12 heures contre 162 adversaires (137 victoires, 11 nulles et 14 défaites)8.
  • L’actuel détenteur du record du monde est Jos Stokkel, qui a affronté 251 adversaires pendant 17 heures et 47 minutes7.

La partie simultanée de dames qui a duré le plus longtemps a été jouée en 28 heures par Harm Wiersma en 1983 contre 251 joueurs7.

Au xiangqi

Le grand-maître chinois Liu Dahua a battu le record de la partie simultanée de xiangqi contre le plus grand nombre d’adversaires, en ayant affronté 108 joueurs (69 victoires, 30 nulles et 9 défaites) en 20069.

Multijeux

  • En 1990, Vladimir Agafonov (ru) a joué une simultanée contre des joueurs d’échecs et des joueurs de dames. Il remporte 8 parties (7 aux dames, 1 aux échecs), fait une nulle (aux dames) et une défaite (aux échecs)10.
  • Jannes van der Wal détient depuis 1996 le record de la simultanée dames-échecs la plus longue ; elle l’a opposé à 85 joueurs pendant 8 heures7.