Leçons vidéos et Cours d'échecs

A ceux qui fatigués d'apprendre veulent enfin savoir !

Les parties

Thomas Bowdler  / Henry Seymour Conway

Londres
1788

Thomas Bowdler ( – ) est un médecin anglais qui publia une version expurgée des œuvres de William Shakespeare, version qu’il considérait plus appropriée pour les femmes et les enfants. Il publia de la même façon une version d’Histoire de la décadence et de la chute de l’Empire romain d’Edward Gibbon.

Bowdler publia à partir de 1807 The Family Shakepeare en plusieurs volumes contenant 24 des pièces de Shakespeare. La deuxième édition parue en 1818 contenait 36 pièces. Parmi les changements effectués dans Hamlet, la mort d’Ophélie fut changée pour suggérer une mort accidentelle au lieu d’un suicide.

Thomas Bowdler était également renommé comme joueur d’échecs et disputa plusieurs parties contre le Français François-André Danican Philidor.

 

 

André François Danican Philidor

François-André Danican Philidor, surnommé « le Grand », né le  à Dreux et mort le  à Londres, est un compositeur et joueur d’échecs français qui mena de front ces deux activités toute sa vie.

Il est le fils d’un second lit d’André I dit l’Aîné et le frère d’Anne, tous deux musiciens.

Aujourd’hui, le nom de Philidor reste davantage associé au jeu d’échecs. Très jeune, il fréquente le Café de la Régence où il rencontre Jean-Jacques Rousseau. Dans Le Neveu de RameauDenis Diderot donne une description de ce café : « Paris est l’endroit du monde, et le café de la Régence est l’endroit de Paris où l’on joue le mieux à ce jeu ; c’est chez Rey que font assaut Legal le profond, Philidor le subtil, le solide Mayot ».

Philidor montre une grande maîtrise dans la pratique (démonstration de jeu à l’aveugle) et se montre très en avance sur la théorisation du jeu. Il surclasse rapidement le Sire de Legal, meilleur joueur du Café de la Régence.

À Londres, il dispute un match en 1747 contre le Syrien Philippe Stamma fixé à Londres depuis 1742. Il le bat 8 à 2 et il est dès lors considéré comme le plus fort joueur du monde.

François-André Danican Philidor jouant en aveugle au Parsloe’s Chess Club de Londres, vers 1780.

Il retourne à Londres (1771-1773) où il fréquente le St. James Chess Club, gagnant sa vie en faisant des parties d’exhibitions.

En 1783, il bat le fameux Turc mécanique.

Philidor Musicien

À dix ans, Philidor est page à la Chapelle royale de Versailles où il est l’élève d’André Campra. Il compose son premier motet à l’âge de douze ans. À quatorze ans, il donne des leçons de musique à Paris et exerce le métier de copiste. Il rencontre Jean-Philippe Rameau pour lequel il a une grande admiration. Mais ce dernier lui reproche de dévoyer la musique française avec des formes italiennes. De son côté, Jean-Jacques Rousseau apprécie sa collaboration pour parachever les Muses galantes. À dix-huit ans, il a des démêlés avec la police pour des propos audacieux sur la liberté d’expression. Il est même incarcéré pendant deux semaines.

Échaudé, il accompagne une troupe de musiciens avec Francesco Geminiani et Lanza en Hollande, puis se rend à Londres (1745) où il se lie avec le comte de Brühl, ministre de Saxe à Londres, qui deviendra, avec Diderot, son ami le plus fidèle. Haendel se montre plus favorable à sa musique que Rameau. C’est à Londres qu’il est initié franc-maçon, il sera membre de la « Société Olympique » à Paris en 1786. Rentré en France en 1754, il ne peut pas obtenir le poste vacant à la Chapelle de Versailles.

Plaque de rue Philidor dans le 20e arrondissement à Paris.

Ses œuvres sacrées, teintées d’italianisme, sont fraîchement accueillies par le public français. Il se résout à diriger sa carrière vers les voies de la musique dramatique et devient l’un des créateurs de l’opéra-comique français. Il y fait preuve de réelles qualités musicales : écriture orchestrale soignée, souvent descriptive ; écriture vocale aisée et témoignant d’une verve légère, parodique, pouvant s’élever jusqu’à une expression déjà dramatique ; les chœurs sont abondants dans une écriture audacieuse. Ses nombreux opéras-comiques montrent de l’inventivité, et le premier d’entre eux, Blaise le Savetier, créé à l’Opéra-Comique de la Foire le , est un éclatant succès. L’opéra Ernelinde est son chef-d’œuvre et lui permet d’obtenir une pension de Louis XV. Il composa également de la musique de chambre, un oratorioCarmen seculare et un Te Deum, qui fut exécuté lors des funérailles de Rameau.

Son nom figure sur la façade ouest de l’Opéra Garnier à Paris. Une rue du 20e arrondissement de Paris porte aussi son nom.

 

 Smith / Philidor, François André Danican

Londres à l’aveugle
1790

 

Adolf Anderssen / Kieseritzky 

Londres 1851

« L’immortelle »

La partie immortelle est une célèbre partie d’échecs jouée par Adolf Anderssen et Lionel Kieseritzky le . William Hartston l’a jugée « probablement unique dans la littérature échiquéenne ».

L’Exposition universelle de Londres, en 1851, attire plusieurs dizaines de milliers de visiteurs des pays étrangers. Le Britannique Howard Staunton, considéré comme le meilleur joueur d’échecs d’Europe, souhaite se mesurer à l’élite européenne. En conséquence, plusieurs pays envoient leurs meilleurs joueurs au tournoi préparé par les soins de Staunton. Les Allemands désignent Anderssen et Carl Mayet.

Staunton ne redoute pas Anderssen, alors relativement inconnu en Grande-Bretagne. En demi-finale, tous deux se font face. En cinq parties, Anderssen élimine Staunton sur le score de 4 à 1. Une défaite que Staunton, homme sombre, ne goûte guère, mais qui assoit définitivement la réputation d’Anderssen comme l’un des meilleurs joueurs d’échecs de l’époque.

Quelque temps après avoir gagné le tournoi, Anderssen, le cœur léger, joue des parties libres, c’est-à-dire des parties sans enjeu et impromptues. S’il gagne, tant mieux ; s’il perd, son manque de préparation explique en grande partie le résultat. Dans l’une de ces parties libres, il affronte Lionel Kieseritzky. C’est cette partie qu’Ernst Falkbeer appela, en 1855, « la partie immortelle » dans le magazine autrichien Wiener Schachzeitung.

Selon Alexandre Kotov, cette partie date de « l’aube des échecs modernes », avant la domination du jeu positionnel et il n’est, dans ces conditions, pas si étonnant qu’un maître comme Kieseritzky se soit laissé aller à un appétit de pions et de pièces qui a permis à son adversaire de le mater.

Selon François Le Lionnais, Richard Réti a trouvé la réfutation de la combinaison d’Anderssen : « Après le 19e coup, les Noirs, au lieu de se montrer trop gourmands en capturant la Tg1, pouvaient sauver la partie en jouant ( 18. … Dxa1+ 19. Re2 ) Db2!, après quoi les Blancs ne peuvent plus gagner. »

Michel Rosten a écrit un roman, L’Immortelle, dans lequel il lie le destin de ses personnages à celui des pièces et des pions sur l’échiquier. Ce roman retrace le portrait de toutes ces personnes, anonymes ou non, qui ont précipité la chute de l’URSS.

Franck Thilliez utilise cette partie dans l’intrigue de son roman Atom[ka] dont la position 21. Cxg7! est gravée sur le front d’une victime du tueur.

En 2013, le court métrage Bienvenue dans l’expérience d’Alain Deneuville met en scène deux femmes qui disputent une partie d’échecs qui reprend, coup pour coup, la partie immortelle.

L’épisode 4 de la saison 2 de Mr. Robot21e minute, reprend la position finale avant 22. Df6!!

Dans le jeu vidéo Dragon Age: Inquisition, les personnages de Solas et Iron Bull s’affrontent à l’aveugle en reprenant coup par coup le déroulement de la partie immortelle.

Dans l’épisode 10 de la saison 2 du Bureau des légendes, Malotru cite cette partie au Chevalier pour prouver sa connaissance du jeu.

En 2021, le réalisateur Alain Deneuville reprend une nouvelle fois la partie immortelle pour sa web-série Post Mortem publiée sur YouTube et dans laquelle un homme joue cette partie d’échecs avec La Mort.

 

Anderssen Adolf / Dufresne

1852

Berlin

« La toujours jeune »

La Toujours Jeune est une célèbre partie d’échecs jouée par Adolf Anderssen et Jean Dufresne en 1852. (Bien que connue en français sous ce nom, cette partie est baptisée en anglais The Evergreen, qui serait mieux traduit par « La Reflorissante » ou « La Sempervirente ».)

 

Il y a un an qu’Anderssen est devenu, officieusement, champion du monde des échecs. Depuis le mémorable tournoi d’échecs de Londres 1851, il ne joue que des parties libres, pratiquant son art avec qui souhaite l’affronter. C’est à Berlin que Dufresne, fort joueur allemand, croise le fer avec Anderssen.

À ce moment-là, Anderssen est au meilleur de sa forme, pour le plus grand malheur de Dufresne.

Maintes analyses ont été publiées pour réfuter la combinaison commençant par 19. Tad1. Cependant, aucune n’est parvenue à clore le sujet, car de nouvelles positions toutes aussi favorables aux blancs apparaissent, lesquelles donnent naissance à d’autres combinaisons, toutes aussi « fantastiques ».

Selon François Le Lionnais, Emanuel Lasker a étudié cette partie, de 1904 à 1908, dans son Lasker’s Chess Magazine. Selon Lasker, si les noirs avaient joué 19. … Tg4, les blancs devaient répondre par 20. Fe4. Pour sauver la partie, les noirs devaient continuer par 20. … Txg2+. D’autres analyses ont été faites, indiquant que les blancs devaient jouer 20. Fc4, ce qui donne lieu à d’autres possibilités, ne permettant pas d’affirmer de façon définitive si la combinaison d’Anderssen peut être réfutée. Au XXIè siècle, le sujet n’est toujours pas clos. Il existe cependant une autre défense : 19…Dh3 qui menace Dxg2 mat tout en défendant d7, contre le sacrifice de la Dame blanche. Les analyses ne permettent pas d’affirmer avec certitude que les Blancs l’emportent ou les Noirs font nulle.

Pour cette raison, face à l’armée des analystes, cette partie est qualifiée de verdoyante ou « toujours reverdissante », d’où son nom de « toujours jeune ». Sachant qu’Anderssen n’a mis au plus qu’une demi-heure pour élaborer la combinaison, il nous faut saluer son génie. Bien sûr, il n’a pas pu calculer toutes les possibilités, mais son intuition profonde et ses énormes capacités combinatoires ont donné naissance à ce joyau.

Paul Morphy / Duke Karl & Count Isouard

Paris
1858

La partie de l’opéra est une célèbre partie d’échecs jouée en octobre 1858 par Paul Morphy (les Blancs), face au duc de Brunswick et le comte Isoard de Vauvenargues (les Noirs), qui jouaient tous les deux en consultation.

La partie s’est déroulée lors d’une représentation à l’Opéra de Paris, d’où son nom mais, en 1858, le palais Garnier n’existait pas ; cette partie s’est donc jouée à la Salle Le Peletier.

 

 

« Carl Hamppe »/ « Philipp Meitner »

Vienna
1872

La Nulle Immortelle est une partie d’échecs disputée en 1872 entre Carl Hamppe et Philipp Meitner restée célèbre pour les très nombreux sacrifices opérés par les Noirs afin de mettre le Roi blanc à découvert.

Hamppe vécut à Vienne à partir de 1848 et travailla comme officier au ministère des finances.

Il a joué contre Johann Löwenthal en 1846, contre Ernst Falkbeer en 1850 et contre Daniel Harrwitz en 1852 et en 1860.

Il a gagné deux fois le championnat d’échecs de Vienne, en 1859 et 1860, à chaque fois devant Wilhelm Steinitz.

Sa partie la plus connue est la Nulle Immortelle, disputée en 1872 face à Philipp Meitner

 

Bird Henry Edward Mason, James

New York
1876

Henry Edward Bird (Portsea – ) était un célèbre joueur d’échecs britannique et auteur échiquéen.

Bird fut invité au premier tournoi international de Londres à l’âge de 21 ans. Il participa aussi à des tournois comme ceux de Vienne et du New Jersey. En 1858 il perdit un match contre Paul Morphy. Au tournoi de New York de 1876, Bird reçut le premier prix de beauté jamais décerné, pour sa partie contre James Mason1.

Il remporta les tournois de Londres en 1879 (tournoi du club de la City de Londres), de Gouda (tournoi de la fédération néerlandaise) en 1880, Londres (cinquième congrès britannique d’échecs) en 1889 (ex æquo avec Isidor Gunsberg) et Londres 1891 (tournoi d’hiver du Simpson’s Divan).

En 1874 Bird proposa une nouvelle variante du jeu d’échecs, se jouant sur un échiquier 8×10 et contenait deux nouvelles pièces, le garde (cumulant les pouvoirs d’une tour et d’un cavalier) et un écuyer (combinaison d’un cavalier et d’un fou). Les échecs de Bird inspirèrent d’ailleurs à José Raúl Capablanca une autre variante, les échecs Capablanca, qui ne diffère des échecs de Bird que par sa position de départ.

Bird a aussi écrit deux livres nommés Chess History and Reminiscences, et An Analysis of Railways in the United Kingdom.

On doit aussi à Bird une ouverture, la Bird, soit le coup blanc 1. f4, ainsi que la célèbre défense Bird, soit 3…Cd4, qui est une variante de la partie espagnole (1.e4 e5 2.Cf3 Cc6 3.Fb5).

 

Bird Henry Edward

Henry Edward Bird (Portsea – ) était un célèbre joueur d’échecs britannique et auteur échiquéen.

Bird fut invité au premier tournoi international de Londres à l’âge de 21 ans. Il participa aussi à des tournois comme ceux de Vienne et du New Jersey. En 1858 il perdit un match contre Paul Morphy. Au tournoi de New York de 1876, Bird reçut le premier prix de beauté jamais décerné, pour sa partie contre James Mason.

Il remporta les tournois de Londres en 1879 (tournoi du club de la City de Londres), de Gouda (tournoi de la fédération néerlandaise) en 1880, Londres (cinquième congrès britannique d’échecs) en 1889 (ex æquo avec Isidor Gunsberg) et Londres 1891 (tournoi d’hiver du Simpson’s Divan).

En 1874 Bird proposa une nouvelle variante du jeu d’échecs, se jouant sur un échiquier 8×10 et contenait deux nouvelles pièces, le garde (cumulant les pouvoirs d’une tour et d’un cavalier) et un écuyer (combinaison d’un cavalier et d’un fou). Les échecs de Bird inspirèrent d’ailleurs à José Raúl Capablanca une autre variante, les échecs Capablanca, qui ne diffère des échecs de Bird que par sa position de départ.

Bird a aussi écrit deux livres nommés Chess History and Reminiscences, et An Analysis of Railways in the United Kingdom.

On doit aussi à Bird une ouverture, la Bird, soit le coup blanc 1. f4, ainsi que la célèbre défense Bird, soit 3…Cd4, qui est une variante de la partie espagnole (1.e4 e5 2.Cf3 Cc6 3.Fb5).

 

James Mason

James Mason (19 novembre 1849 – 12 janvier 1905) était un joueur d’échecs, journaliste et écrivain anglo-américain d’origine irlandaise qui est devenu l’un des meilleurs joueurs au monde dans les années 1880. Mason a été classé joueur numéro 1 au monde par Chessmetrics pendant 11 mois consécutifs entre août 1877 et juin 1878.

 

Emanuel Lasker / Johann Hermann Bauer

Amsterdam
1889

La partie est jouée tout au début de la carrière de Lasker, dans la première ronde du tournoi d’Amsterdam 1889, le premier tournoi international auquel il prend part. Lasker termine le tournoi en deuxième place, derrière Amos Burn et devant James Mason et Isidor Gunsberg entre autres. Bauer termine 6e des neuf participants avec 3½/8.

Le même sacrifice est survenu dans une partie antérieure, mais il n’était pas correct et Owen, qui offrait le sacrifice, a perdu la partie. Néanmoins, la partie peut avoir inspiré Lasker.

Ce thème a été exploité dans des parties ultérieures, les plus notables étant les parties Aaron Nimzovitch – Siegbert TarraschSaint-Pétersbourg, 1914 ; Tony Miles – Walter BrowneLucerne, 1982; et Judit Polgar – Anatoli Karpov7e Essent, 2003.

Emanuel Lasker, né le  à Berlinchen, en province de Brandebourg, et mort le  à New York (États-Unis), est un mathématicien et philosophe allemand, par ailleurs joueur d’échecs et de bridge professionnel.

Il est le deuxième champion du monde d’échecs, régnant de 1894 à 1921. Depuis la création officielle du titre de champion du monde (en 1886), il est celui qui l’a conservé le plus longtemps, soit pendant 27 ans.

Son style de jeu privilégiait l’affrontement psychologique par rapport au seul calcul des coups justes. Lasker adorait s’adapter au style de jeu de son adversaire, pour mieux le contrer et le battre. En effet, pour lui, « Les échecs mettent en conflit non pas deux intelligences, mais deux volontés ».

Travaux mathématiques (1895 à 1905)

Portait d’Emanuel Lasker jeune homme.

Joueur professionnel d’échecs, Emanuel Lasker était également docteur en mathématiques et fit des études en philosophie.

En 1895, il publie deux articles de mathématiques en algèbre commutative où il étudie la décomposition primaire des idéaux d’un anneau. Sur les conseils de David Hilbert, il reprend ses travaux et soutient sa thèse le  à Erlangen3. En 1905, il publia un article important qui fut développé par Emmy Noether.

 

Essais philosophiques (1906 à 1940) 


Emanuel Lasker en 1908.

En 1906, 1913 et 1918, Lasker publia un article et des livres où il exposait ses idées en philosophie. Il publia en 1940 un livre de sociologie : La Communauté du futur où il exprimait ses idées de réforme.

Il était ami d’Albert Einstein, ce dernier regrettant qu’un aussi grand esprit que Lasker ne se soit abandonné aux échecs. Lasker et Einstein eurent des discussions sur la théorie de la relativité. Einstein écrivit l’introduction de la biographie de Lasker, The Life of a Chess Master, par Jacques Hannak (1952).

 

 

La partie d’échecs Lasker – Bauer est une remarquable partie d’échecs jouée à Amsterdam en août 1889 par Emanuel Lasker, futur champion du monde, et Johann Bauer, un maître autrichien.

La partie est jouée tout au début de la carrière de Lasker, dans la première ronde du tournoi d’Amsterdam 1889, le premier tournoi international auquel il prend part. Lasker termine le tournoi en deuxième place, derrière Amos Burn et devant James Mason et Isidor Gunsberg entre autres. Bauer termine 6e des neuf participants avec 3½/8.

Le même sacrifice est survenu dans une partie antérieure, mais il n’était pas correct et Owen, qui offrait le sacrifice, a perdu la partie. Néanmoins, la partie peut avoir inspiré Lasker.

Ce thème a été exploité dans des parties ultérieures, les plus notables étant les parties Aaron Nimzovitch – Siegbert TarraschSaint-Pétersbourg, 1914 ; Tony Miles – Walter BrowneLucerne, 1982; et Judit Polgar – Anatoli Karpov7e Essent, 2003.

 

Johann Hermann Bauer

Johann Hermann Bauer est un joueur d’échecs autrichien né le  à Prague et mort de la tuberculose le  à Goritz. Il remporta les tournois de Francfort 1887 (tournoi B) et de Vienne 1890, finit quatrième du tournoi international de la fédération allemande à Breslau en 1889 et termina deuxième du tournoi de Graz en 1890.

Né à Prague, Bauer s’installa à Vienne dans sa jeunesse. En juillet-, il obtint son premier succès en remportant le Hauptturnier (tournoi des non-maîtres) du cinquième congrès d’échecs de la fédération allemande à Francfort devant Jacques Mieses. Deux ans plus tard, en , il participa au tournoi de maîtres (Meisterturnier) du sixième congrès allemand à Breslau et finit quatrième, ex æquo avec Curt von BardelebenIsidor Gunsberg et Louis Paulsen, derrière Siegbert TarraschAmos Burn et Jacques Mieses. En , il finit cinquième du tournoi de maîtres d’Amsterdam remporté par Amos Burn devant Emanuel Lasker.

En , Bauer finit deuxième du premier mémorial Kolisch de Vienne, avec 10 points sur 15, devant Berthold Englisch Georg Marco et Adolf Albin, tournoi remporté par Miksa Weiss. Il battit Bernhard Fleissig 2 à 0 lors du match de départage pour la deuxième place. En août-, il finit deuxième du tournoi de Graz, avec 4,5 points sur 6 (+3 =3), un demi-point derrière Gyula Makovetz et devant Emanuel Lasker, Johann Berger, Georg Marco et Adolf Albin. Pendant l’hiver 1890-1891, il remporta un tournoi à quatre tours à Vienne, battant Marco 3 à 1 (+2 =2) et Albin 4 à 0. En 1891, alors qu’il partageait la tête du championnat de Vienne, un tournoi à deux tours, avec 4 points sur 6, il eut une attaque et dut se retirer du tournoi. Il mourut de la tuberculose peu après, avant d’avoir eu trente ans.

Lors du tournoi d’Amsterdam 1889, Bauer perdit une partie célèbre contre Emanuel Lasker : Lasker – Bauer (Amsterdam, 1889).

 

Harry Nelson Pillsbury Emanuel Lasker

St. Petersburg 1895/96

 

Lasker, Wilhelm Steinitz, Pillsbury et Mikhaïl Tchigorine ont été invités au tournoi de Saint Pétersbourg. Siegbert Tarrasch a annulé sa venue peu de temps auparavant pour des raisons professionnelles. Le tournoi débuta le 13 décembre 1895 et dura près de sept semaines : chacun a joué six fois contre les autres concurrents.

Pillsbury avait déjà remporté le tournoi de Hastings en 1895 et était considéré comme l’un des meilleurs joueurs d’échecs au monde. Après trois tours du tournoi, il était en tête, suivi de Lasker. Pillsbury avait remporté deux de ses trois parties contre Lasker, égalisant son score personnel contre celui-ci à +2 -2 =1. S’il avait gagné cette partie, Pillsbury aurait eu d’excellentes chances de gagner le tournoi. Dans ce cas, une ombre aurait été portée sur le titre mondial de Lasker. Lasker aurait peut-être été contraint de se battre pour le titre contre Pillsbury.

Selon le livre d’Harold C. Schonberg Grandmasters of Chess, Lasker considérait cette partie comme sa plus belle. Raymond Keene l’a faite figurer dans une série TV diffusée sur la chaîne britannique Thames reprenant les douze meilleures parties d’échecs de tous les temps et intitulée Duels of the Mind.

Pillsbury a perdu cinq des huit parties suivantes et a terminé troisième derrière Wilhelm Steinitz. Lasker a remporté le tournoi et le championnat du monde contre Steinitz la même année. Il a conservé son titre mondial pendant encore un quart de siècle.

 

Harry Nelson Pillsbury (né le  à Somerville (Massachusetts) – mort le ), fut l’un des plus brillants joueurs d’échecs de 1892 à 1904. À l’âge de 22 ans il remporta le tournoi d’Hastings 1895. Mais, prématurément emporté par la maladie, il ne put disputer à Emanuel Lasker le titre de champion du monde.

Pillsbury exerça brièvement les fonctions d’employé de banque à New York City en 1894 puis à nouveau à Philadelphie en 1898.

Dès 1890, alors qu’il n’avait appris à jouer aux échecs que depuis deux ans, il battit en tournoi un champion local, H. N. Stone. En , il fit sensation en remportant un match en deux parties contre le champion du monde Wilhelm Steinitz, qui lui avait fait l’avantage d’un pion. Dès ce moment, la réputation de Pillsbury se propagea comme une traînée de poudre, et il n’eut bientôt plus aucun adversaire à sa taille sur la scène des échecs new-yorkaise.

La dégénérescence qui accompagne les progrès de la syphilis l’empêcha par la suite de progresser autant qu’il l’aurait pu dans les compétitions. Les symptômes enregistrés au fil des années laissent supposer qu’il négligea de suivre un traitement. Il succomba à la maladie en 1906 à seulement 33 ans.

Pillsbury est inhumé au cimetière de Laurel Hill à Reading (Massachusetts). Le monde des échecs regrettera toujours de n’avoir pu assister à un championnat du monde opposant Pillsbury à Lasker. Il semble que ce dernier n’y tenait pas beaucoup.

Pillsbury était un redoutable joueur à l’aveugle, et pouvait jouer aux dames et aux échecs simultanément, tout en disputant une partie de whist, et en récitant de mémoire une liste de mots que le public avait choisie auparavant. Il détient le record de 22 parties disputées en simultanée à l’aveugle (Moscou, 1902). Mais son principal exploit est encore d’avoir tenu le score de +3-7=11, lors de 21 parties à l’aveugle en simultanée contre les participants au Tournoi des Maîtres de Hanovre en 1902. Edward Lasker qui, adolescent, et désobéissant à sa mère, eut l’occasion de jouer dans une simultanée à l’aveugle contre Pillsbury à Breslau, rapporte :

« Mais il devint bientôt évident que j’aurais perdu la partie, même si j’avais bénéficié d’une totale tranquillité d’esprit. Pillsbury produisit là un spectacle merveilleux, remportant 13 des 16 parties à l’aveugle, en annulant 2 fois, et ne concédant qu’une seule défaite. Son jeu était sûr et il ne se trompait jamais. Lorsque, trente ans plus tard, j’arbitrai le match de 32 parties simultanées à l’aveugle disputé par Alekhine à l’Exposition internationale de Chicago, je revoyais encore Pillsbury calmement assis dans un fauteuil, tournant le dos à la foule et fumant cigare sur cigare, répondant d’une voix claire et dépourvue d’hésitation au coup joué par chacun de ses adversaires après une courte réflexion. La prestation d’Alekhine fut remarquable, mais il commit un certain nombre d’erreurs, et sa prestation ne m’impressionna vraiment pas autant que celle de Pillsbury à Breslau… »

 

Harry Nelson Pillsbury Emanuel Lasker

Cambridge Springs
1904

L’un des matchs les plus célèbres du tournoi a été la revanche de Pillsbury contre Lasker. Cette partie est plus célèbre pour le folklore qui l’entoure que pour la partie elle même.

L’histoire commence à Saint-Pétersbourg, en 1896, lors de la victoire de Lasker sur Pillsbury dans une partie magnifique qui a remporté le prix de beauté. Immédiatement après le match, Pillsbury est convaincu que son 7e coup était une erreur et qu’un coup alternatif aurait conduit à un avantage. Le Dr J. Hannak, biographe de Lasker, décrit la préparation de Pillsbury :

Cette même nuit, après sa défaite fracassante, Pillsbury s’est assis pendant de nombreuses heures, analysant sa nouvelle idée et s’assurant qu’en effet cela lui aurait donné l’avantage. Au cours des semaines et des mois suivants, il brûla beaucoup plus d’huile de minuit dans l’intimité de sa chambre, analysant sa nouvelle variante aussi minutieusement que possible ; il n’en a parlé à personne. Étant donné que l’ouverture en question était une variante du Gambit Dame très populaire à l’époque, Pillsbury eut d’innombrables occasions de tester son amélioration ; mais il ne voulait réserver ce grand secret pour « Lasker himself ».

 

 

 

Georg Rotlewi / Akiba Rubinstein

Lodz
1907

« Immortelle de Rubinstein »

Rotlevi à droite 

Akiba Rubinstein

L’Immortelle de Rubinstein est une partie d’échecs jouée le 1 19072 (ou en 1908 selon certaines sources), entre Gersz Rotlewi et Akiba Rubinstein, lors du cinquième championnat de Russie disputé à Łódź en 1907–1908.

 

Tartakower, Saviely / Schlechter, Carl

St Petersbourg / 1909 

Tartakover

Xavier Tartacover est connu pour ses aphorismes et ses jeux de mots savoureux, comme :

  • « On n’a jamais gagné une partie en abandonnant ! »
  • « Celui qui prend des risques peut perdre, celui qui n’en prend pas perd toujours. »
  • « Je n’ai jamais vaincu un adversaire en bonne santé. » (cette citation fait référence aux joueurs qui accusent une maladie, parfois imaginaire, pour expliquer leur défaite)
  • « Les grosses bourdes sont là, sur l’échiquier, attendant d’être commises. »
  • « Qu’il faut, pour être le veinard, des gaffes aux échecs, faire l’avant dernière. »
  • « La tactique consiste à savoir ce qu’il faut faire quand il y a quelque chose à faire. La stratégie consiste à savoir ce qu’il faut faire quand il n’y a rien à faire. »
  • « Il est encore meilleur de sacrifier les pièces de son adversaire. »
  • « Tout est finement imaginé ; mais les dieux, avant la fin de la partie, ont placé le milieu de jeu. »
  • « Ne jouez donc aux échecs que pour vous distraire ; c’est le plus beau des jeux, mais c’est un jeu. Ses lauriers sont trompeurs, son ambition est maladive. »

Stepan Levitsky / Frank James Marshall

1912 Breslau

Levitski de face avec les Blancs

La partie d’échecs Levitski – Marshall s’est déroulée à Breslau (aujourd’hui Wroclaw en Pologne), en 1912, entre Stepan Levitski et Frank Marshall. Elle est célèbre grâce au sacrifice de dame final, qui est l’un des plus connus de l’histoire des échecs.

La légende des pièces d’or !

À la fin de la partie, des spectateurs auraient été tellement éberlués de la conclusion qu’ils auraient recouvert d’or l’échiquier.

Les rapports sur cette anecdote sont contradictoires. La veuve de Frank Marshall affirme qu’il n’y aurait jamais eu de pièces d’or. Certains participants aux tournois donnent des versions différentes sur ce qui ce serait passé. L’explication la plus probable est que des joueurs avaient parié pendant la partie que Levitski gagnerait et qu’ils auraient donné leurs mises à Frank Marshall après la partie.

Il a été remarqué après la partie que quatre autres coups de la dame noire, laissant la tour en prise, assuraient également la victoire pour les noirs, quoique de manière moins spectaculaire :

  • 23… De3 ! (la dame blanche peut être prise de deux manières différentes)
    • Si 24. fxe3, alors 24. … Ce2+ 25. Rh1 Txf1 mat.
    • Si 24. Dxe3, alors 24. … Txe3 25. fxe3 Ce2+ 26. Rh1 Txf1 mat
    • Si 24. gxh3, alors 24… Cf3+ 25. Rg2 Dxg5+ (ou 24. … Dxg5+ 25. Txg5 Cf3+) conserve une pièce d’avance.
    • Si 24. De7, alors 24. … Ce2+ 25. Rh1 Txh2 26. Rxh2 Dh6+.
  • 23… Db2
  • 23… Da3
  • 23… Db4

Dans ces quatre variantes, la tour noire est imprenable (si 24. gxh3, alors 24… Cf3+ gagne la dame blanche) et les noirs conservent un avantage matériel (une dame pour la tour ou un cavalier) permettant de remporter sans difficulté la partie.

  • 23… Ce2+ 24. Rh1 Dg3 intercalant le coup Ce2+ gagne également.

 

 

Hastings 
1922
Efim Bogoljubov / Alexander Alekhine

Bogoljubov – Alekhine, Hastings, 1922 est une célèbre partie d’échecs disputée lors de la 10e et dernière ronde du tournoi de Hastings le 21 septembre 1922 par Alexandre Alekhine avec les pièces noires contre Efim Bogoljubov (blancs).

Pour Alekhine, gagner le tournoi était important car à cette époque, il essayait de se faire un nom avec de bons résultats en tant que challenger du champion du monde d’échecs José Raúl Capablanca. Alekhine a effectivement remporté le tournoi avec 7,5 points, un demi-point devant Akiba Rubinstein.

Dans cette partie, Alekhine contrôle totalement l’échiquier : il gagne de l’espace à l’aile-dame après 11…a5, puis attaque soudainement à l’aile-roi avant de revenir attaquer à l’aile-dame.

Bogoljubov

Alekhine à gauche face à Capablanca 

 

Dans son livre Wonders and Curiosities of ChessIrving Chernev a considéré qu’il s’agit de la plus belle partie jamais jouée : « Alekhine sacrifie trois Dames dans la même partie! ». Dans Alexander Alekhine’s Chess Games, 1902-1946: 2543 Games of the Former World Champion, Many Annotated by Alekhine (p. 168), Leonard M. Skinner et Robert G.P. Verhoeven citent Alekhine : il considérait cette partie, avec celle de 1925 contre Richard Réti à Baden Baden, comme sa plus brillante partie jouée en tournoi. Dans son livre The 100 Best Chess Games of the 20th Century, Ranked Andrew Soltis l’a classée quatrième meilleure partie du XXe siècle. Raymond Keene l’a faite figurer dans une série TV diffusée sur la chaîne britannique Thames reprenant les douze meilleures parties d’échecs de tous les temps et intitulée Duels of the Mind.

Trouvant son adversaire facile à vaincre, Alekhine choisit Bogoljubov comme challenger pour deux championnats du monde : en 1929 et en 1934.

 

Maróczy – Tartakover

Teplitz-Schönau, 1922

 

La partie Maróczy – Tartakover (Teplitz-Schönau, 1922) est une fameuse partie d’échecs jouée par Géza Maróczy et Xavier Tartakover.

Sélectionnée comme sa meilleure partie par Tartakover en 1928, elle a été couronnée par un troisième prix de beauté lors du tournoi de Teplitz-Schönau tenu en février-mars 1922. Selon David Bronstein, « Tartakover reçut seulement le troisième prix après que le jury eut conclu qu’aucun être humain ne pouvait calculer la profondeur d’une telle combinaison » (Tartakower only received the third brilliancy prize as the jury concluded that no human mind could calculate such a deep combination).

Selon Richard Réti dans Les Maîtres de l’échiquier« Tartakover démontre la supériorité de sa position en adoptant un type de combinaison sans précédent dans la littérature échiquéenne. Il commence par sacrifier une tour dans le but de démolir la muraille de pions qui protège l’aile-Roi blanche ; après quoi, très délibérément, il complète le développement de son côté Dame en dépit de sa grande infériorité matérielle. »

Selon Rudolf Spielmann dans L’Art des sacrifices« Celui qui investit une Tour entière dans une “affaire” doit, par la nature même des choses, se sentir satisfait s’il en est remboursé. Il n’arrive que très rarement à quelqu’un de décider le sacrifice d’une Tour entière, sans avoir à sa disposition des menaces puissantes et immédiates. Dans toute la littérature échiquéenne, je ne connais qu’un cas unique dans le genre, la partie Maroczy – Tartacover, Teplitz-Schönau, 1922, un chef-d’œuvre par le Dr Tartacover. »

 

Tartakover

Maroczy en simultanée

 

Saemisch Fritz Nimzowitsch Aaron

Copenhagen
1923

La partie immortelle du Zugzwang est une partie d’échecs jouée en mars 1923 entre Friedrich Sämisch et Aaron Nimzowitsch lors du tournoi de Copenhague1 qui se conclut par une situation extrêmement rare : en plein milieu de partie, tous les coups que Sämisch pouvait jouer détérioraient sa position. D’après Nimzowitsch, cette situation entre dans la définition du zugzwang, un point de vue contesté par d’autres auteurs. Le qualificatif immortelle est une référence à la partie immortelle (Anderssen-Kieseritzky, 1851).

 

Nimzovitch

Saemisch

D’après l’historien des échecs Edward Winter, cette partie passe inaperçue lors du tournoi de Copenhague. Richard Teichmann l’inclut dans le livre du tournoi, mais sans la faire sortir du lot. Il était courant à cette époque de décerner des prix aux plus belles parties, mais celle-ci n’en remporte aucun. C’est Nimzowitsch qui fait connaître sa propre partie, via un article dans le Wiener Schachzeitung en 1925, puis, la même année, son premier livre Die Blockade. Il s’y décerne lui-même des doubles points d’exclamation et des commentaires élogieux et trouve le nom Immortelle du Zugzwang. C’est à partir de là que les autres journalistes et commentateurs échiquéens reprennent la partie sous ce nom.

Le terme de zugzwang était, à cette époque, assez flou. Selon les critères stricts retenus par des auteurs comme Andrew Soltis et Wolfgang Heindenfeld, lorsqu’un joueur est en zugzwang, il est forcé de jouer un coup immédiatement perdant. Ici, Sämisch pouvait rendre du matériel et garder une position, certes très inférieure, mais pas encore totalement désespérée.

 

Baden-Baden
1925
Reti, Richard / Alekhine, Alexander

 

Richard Réti 

Alexandre Alekhine

 

 

 

Dresden
1926
Paul F Johner Aron Nimzowitsch

 

Paul Johner

Paul Johner est un joueur d’échecs et un problémiste  suissevioloniste, né le  à Zurich et mort le  à Berlin. Frère de Hans Johner, il fut six fois champion de Suisse entre 1907 et 1932.

Paul Johner remporta les tournois suivants :

 

Aaron Nimzowitsch

Aaron Nimzowitsch, (letton : Ārons Ņimcovičs), aussi orthographié « Aaron Nimzovitch » ou « Aron Nimzovich », né le  à Riga en Lettonie en Russie, mort le  à Copenhague au Danemark, fut un joueur d’échecs russe et danois.

 

Né à Riga (en Lettonie dans l’Empire russe), d’origine juiveyiddishophone et germanophone, il apprit à jouer aux échecs à 8 ans auprès de son père Shaya Abramovich Nimtsovich (1862, Pinsk – ?), qui était marchand de bois. Sa mère s’appelle Esfir Nimtsovich, et sa sœur Tsilya-Kreyna Pevzner. En 1897, la famille vivait à Dvinsk.

Il fit ses études en Allemagne : en 1904, il s’inscrivit à Berlin afin d’étudier la philosophie. Mais il interrompit ses études dans leur première année pour se consacrer à une carrière de joueur d’échecs professionnel.

Après les années tumultueuses et souvent infructueuses de la Première Guerre mondiale, il commença à jouer les premiers rôles alors qu’il s’installait au Danemark en 1922.

Il obtint la nationalité danoise et y vécut jusqu’à sa mort, emporté par une infection pulmonaire fulgurante en 1935. Ses cendres reposent au cimetière Bispebjerg à Copenhague.

 

Glucksberg Miguel Najdorf

Warsaw
1929

 

L’Immortelle polonaise est une partie d’échecs fameuse disputée à Varsovie par Miguel Najdorf au début de 1930. Selon les sources parues en 1930, le joueur des blancs s’appellerait « Glücksberg » ou « Gliksberg ». Une biographie de Miguel Najdorf parue en 1999, écrit que la partie aurait été jouée en 1928 (cette date est reprise par Garry Kasparov).

Lors de cette partie, les noirs sacrifient leurs quatre pièces mineures pour obtenir le gain.

 

Najdorf

Miguel Najdorf, né Mendel (Mieczysław) Najdorf1 le  à Grodzisk Mazowiecki, près de Varsovie, et mort le  à Malaga, est un joueur d’échecs d’origine juive polonaise, qui a obtenu la nationalité argentine pendant la Seconde Guerre mondiale.

 

 

Third Rosenwald Trophy
New York
1956
Donald Byrne / Robert James Fischer

Robert James Fischer

 

 

Robert James Fischer, dit Bobby Fischer, né le  à Chicago aux États-Unis et mort le  à Reykjavik en Islande, est un joueur d’échecs américain, naturalisé islandais en 2005.

Champion des États-Unis à quatorze ans en janvier 1958, Fischer devint, en 1972, champion du monde en remportant, sur fond de guerre froide, le « match du siècle » à Reykjavik face au joueur soviétique Boris Spassky.

Fischer contribua de façon décisive, par ses revendications (parfois excessives) lors des tournois, à l’amélioration de la condition de joueur d’échecs professionnel, tant du point de vue financier que de l’organisation matérielle des tournois. Sa victoire sensationnelle en finale du championnat du monde d’échecs 1972, mettant un coup d’arrêt à la domination russe dans le championnat du monde des échecs depuis 1948 en fit une icône dans son pays, lui apportant la reconnaissance du public américain et la médiatisation à travers le monde, bien qu’après 1990 il fît des déclarations controversées qui ternirent sa réputation.

Après s’être retiré de toutes les compétitions en 1972, Fischer disputa en 1992, à Sveti Stefan et à Belgrade, pendant les guerres de Yougoslavie, un match revanche contre son adversaire de 1972, Boris Spassky, en violation de l’embargo proclamé par le département d’État américain. Menacé de poursuites par son pays, il termina sa vie en exil et multiplia les déclarations antisémites, antichrétiennes et anti-américaines après 1990. Il vécut d’abord en Hongrie (de 1993 à 1999), puis au Japon (de janvier 2000 à mars 2005) et enfin en Islande (de 2005 à 2008).

 

Robert Eugène Byrne

Robert Eugene Byrne (né le  à New York et mort le  (à 84 ans) à Ossining dans l’État de New York) est un grand maître américain du jeu d’échecs et l’auteur de livres d’échecs. Il a remporté le championnat des États-Unis en 1972 et a été candidat au championnat du monde en 1974. Byrne a représenté les États-Unis à neuf reprises aux Olympiades d’échecs entre 1952 et 1976 et a remporté sept médailles. Il a disposé d’une rubrique dans le New York Times de 1972 à 2006.

 

 

Byrne Fischer

Etats Unis

1963

Robert Byrne – Bobby Fischer, New York, 1963 est une célèbre partie d’échecs disputée entre Robert Byrne et Bobby Fischer lors du Championnat des États-Unis 1963 . Cette partie a gagné le Premier prix de beauté du Championnat [archive]. Elle est classée 23ème dans le livre d’Andrew Soltis The 100 Best Chess Games, of the 20th Century (ranked). Le Maître international Robert E Burger juge que cette partie est une des « parties immortelles de Fischer ».

Bobby Fischer avait déjà remporté les cinq championnats précédents auxquels il avait participé et il a répondu cette fois aussi à toutes les attentes concernant sa performance en réalisant un score parfait de onze victoires sur onze parties disputées. Robert Byrne termina 6e avec 5 points et demi. Il prit son unique revanche contre Fischer 2 ans plus tard, toujours au Championnat U.S. Son score contre Fischer s’établit à +1 -2 =6.

 

La partie

Robert Byrne – Bobby Fischer, New York, Championnat des États-Unis 1963ouverture : défense néo-Grünfeld (les Blancs ne jouent pas 3. Cc3 mais 3. g3)1. d4 Cf6 2. c4 g6 3. g3 c6 4. Fg2 d5 5. cxd5 cxd5 6. Cc3 Fg7 7. e3? « Un inconvénient de ce coup est la faiblesse des Blancs sur les cases blanches. »6 (f3 et d3) 7…0-0 8. Cge2 Cc6 9. 0-0 Byrne dans le numéro de juin 1964 de Chess Life : « Après la partie, plusieurs personnes ont suggéré 9. Cf4 afin d’éviter la catastrophe qui m’atteindra bientôt. Mais je voulais conserver une flexibilité maximale à ce stade, pensant qu’une opportunité pour f3 et e4 pourrait se présenter lorsque le Cavalier-roi serait nécessaire en e2. C’est juste cette idée de la flexibilité du développement des Blancs qui m’a amené à penser que les Blancs s’en sortaient mieux. » 9…b6 10. b3 Fa6 11. Fa3 {K.F. Kirby, éditeur du South African Chess Quarterly : « Après le 11e coup, je pouvais juger que la position des Blancs était légèrement supérieure et, dans le pire des cas, tout à fait sans danger. Transformer cette position en une position de mat en 11 coups de plus appartient plus au domaine de la sorcellerie qu’à celui des échecs! »7} ; {Face à un adversaire qu’il redoute, Robert Byrne a choisi une ouverture symétrique ultra-annulante, mais Fischer va rompre fermement la symétrie avec son 12e coup.} 11…Te8 12. Dd2 « 12. Tc1 menaçant 13. Cxd5 était meilleur. »12…e5! « Ce coup était risqué et a exigé une analyse approfondie pour valider son bien-fondé » ; {12…e6 aurait probablement conduit à une partie nulle, mais la partie présente illustre la volonté implacable de Fischer de gagner} 13. dxe5 « Si les Blancs jouent passivement 13. Tac1, les Noirs sont clairement mieux après 13…exd4 14. exd4 Tc8 . » 13…Cxe5 14. Tfd1?7 « La faiblesse des Blancs sur cases blanches est criante, et ils viennent de se créer une nouvelle faiblesse en f2. Il aurait était meilleur de jouer 14. Tad1. » ; John Nunn : « C’est vraiment un cas de « la mauvaise tour ». On peut comprendre le désir de Byrne de se défaire du clouage du Cavalier e2, mais cela s’avère moins important que d’autres considérations. Fischer passe beaucoup de temps et d’énergie à analyser le supérieur 14. Tad1!, mais arrive toujours à la conclusion que les noirs peuvent garder l’avantage. » (par 14…Dc8!) 14…Cd3! « Les Noirs profitent de la faiblesse des Blancs en d3. Le Cavalier empêche l’utilisation par les Blancs de la colonne d, attaque leur case faible f2 et sera comme une épine dans leur pied à moins qu’ils ne fassent quelque chose pour le déloger. Les Noirs menacent maintenant de mettre en jeu puissamment leur autre cavalier et d’ouvrir la diagonale a1-h8 pour leur fou avec 15…Ce4. » 15. Dc2? {Ce coup permet le coup ultérieur 17…Cxe3} ; « Le coup horrible à voir 15. f3 aurait été meilleur au vu de la suite de la partie. » ; cependant, Fischer analyse : {15. f3 Fh6 16. f4 Fg7!. La variante la meilleure qu’il semble donner porte sur 10 coups (!) : 15. Cf4 Ce4 16. Cxe4 dxe4 17. Tab1 Tc8 18. Cxd3 Fc3! 19. De2 Fxd3 20. Dg4 f5 21. Dh3 Fxb1! 22. Txd8 Texd8 23. Ff1 Td1 24. Rg2 Fd3! 25. Fxd3 exd3 et gagne} ; {dans cette dernière variante, Robert Hübner suggère comme amélioration pour les Blancs 18. Fb4! au lieu de 18. Cxd3} 15…Cxf2 Fischer : « ! C’est la clé du coup précédent joué par les Noirs. La justification complète de ce sacrifice ne se montre pas avant que les Blancs n’abandonnent. » ; {La suite de coups est quasiment forcée, mais les failles dans le jeu de Byrne restent loin d’être évidentes, comme le démontre le commentaire du 18e coup des Noirs} 16. Rxf2 Cg4+ 17. Rg1 Cxe3 18. Dd2 Byrne: « Comme je réfléchissais pour comprendre pourquoi Fischer avait choisi une telle suite, vu que les Noirs étaient évidemment perdants, Fischer exécute tout à coup » 18…Cxg2 Fischer : « Retirer ce fou laisse les Blancs sans défense sur les cases blanches. » Byrne : « !! Ce coup éblouissant me fit un choc… La combinaison culminante était d’une telle profondeur qu’au moment même où j’abandonnais la partie, les deux Grands Maîtres qui adressaient leurs commentaires aux spectateurs, dans une autre salle, crurent que j’avais gagné! » ; Robert Byrne dans Chess Life and Review Annual 1964 : « …soudain le coup brillant 18…Cxg2 !! Puis j’ai réalisé que Bobby n’était pas intéressé à gagner du matériel, mais que le Roi Blanc était l’objet de son attaque. Mais ce qui est presque étrange, c’est que, avec toutes leurs pièces si bien développées, les Blancs soient si totalement impuissants face à cela. » ; Fischer : « Retirer ce fou du jeu laisse les Blancs sans défense sur les cases blanches. » 19. Rxg2 d4! {Les Noirs préparent le retour du fou vers la diagonale b7-h1 qui est à présent vulnérable} 20. Cxd4 Fb7+ 21. Rf1 Dd7! 0-1 Les Blancs abandonnent car ils ne sont pas en mesure de parer la menace 22…Dh3+ (22…Dh3+ 23. Rg1 Te1+!! 24. Txe1 Fxd4! et le Mat suit).

 

 

 

 

 

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