XIVe siècle, 28 x 20 cm
Provenance: Charles d’Orléans.
Nicolas apporte également un éclairage sur les règles d’alors (l' »assise lombarde »), suivant lesquelles, lors de son premier déplacement, le roi peut aller directement au centre de l’échiquier à condition de ne pas être en échec. Il se trouve ainsi très vite au centre de la mêlée, nouveau reflet du combat féodal.
Une étude de fin de partie ou étude est une position du jeu d’échecs « composée », cela signifie qu’au lieu de provenir d’une partie d’échecs réelle, elle a été construite afin d’être présentée à la manière d’une énigme. L’objectif est de découvrir le moyen unique pour les blancs de gagner ou d’annuler la partie suivant les cas, et ce contre toute défense des noirs.
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Dans la mesure où ce sont des positions composées, les études font partie des problèmes d’échecs. Deux énoncés principaux sont utilisés : « Les blancs jouent et gagnent » et « Les blancs jouent et font nulle » (on évite par simple convention de donner le trait aux noirs mais c’est parfois nécessaire). Les études ont parfois l’apparence de parties réelles car ces énoncés sont compatibles avec la réalité du jeu entre joueurs.
Un problème d’échecs est un casse-tête artistique utilisant les pièces et les règles du jeu d’échecs. Un problème est créé par un compositeur dans le but de présenter un thème ou une idée particulière. Les problèmes d’échecs appartiennent au domaine de la composition échiquéenne.
L’énoncé le plus fréquent est « Mat en deux coups » : les blancs jouent un premier coup (c’est la clé du problème), et, quel que soit le coup par lequel répondent les noirs, les blancs peuvent mater le roi noir à leur second coup.
Ce qui constitue un problème d’échecs
Le fait qu’un problème d’échecs soit une position composée pour présenter une énigme artistique à l’aide d’un énoncé, suffit à définir ce qu’il est.
La présentation d’un problème d’échecs comporte en général les éléments suivants :
- la position initiale (ou finale en analyse rétrograde) du problème. Cette position est composée, c’est-à-dire qu’elle n’est pas tirée d’une partie réellement jouée mais qu’elle a été créée de toutes pièces dans le but spécifique d’en faire un problème. La position est souvent invraisemblable du point de vue de la partie d’échecs. Par contre, la position doit être légale, c’est-à-dire qu’elle doit pouvoir être obtenue en respectant les règles du jeu ;
- l’énoncé du problème qui est le plus souvent, le mat du roi noir en un nombre de coups imposé. Cet énoncé est souvent indiqué par des abréviations ;
- le ou les auteurs du problème ;
- la publication de première parution ou le concours auquel le problème a participé et l’année de la publication ou l’indication que ce problème est un inédit ;
- une éventuelle récompense obtenue par le problème.
La présentation d’un ou plusieurs thèmes et les qualités esthétiques du problème sont pris en compte pour l’attribution de récompenses décernées dans les concours de composition.
Par contre, le problémiste a deux ennemis implacables :
- la démolition : le problème doit avoir une solution et elle doit être unique (ou avoir le nombre exact de solutions indiqué dans l’énoncé). Dans le cas contraire le problème est considéré comme « démoli », il perd toute valeur artistique et est éliminé du concours dans lequel il participait éventuellement ;
- l’anticipation : pour être récompensé, il faut que l’idée ou la mise en œuvre de l’idée présentée dans le problème soit nouvelle. L’anticipation du problème peut être totale (et le problème perd son intérêt) ou partielle (on lui reconnait une part d’originalité ou un enrichissement intéressant).
« Problèmes » qui ne sont pas de vrais problèmes d’échecs
Le terme problème est également utilisé pour qualifier un exercice ou une devinette proposé aux joueurs dans un but d’entraînement ou de divertissement. Ce ne sont cependant pas de véritables problèmes d’échecs, car les positions sont, en général, non pas composées, mais tirées de parties réelles, et lorsque les positions sont composées, elles n’ont pas de prétentions esthétiques et ne suivent pas les règles conventionnelles des problèmes artistiques.
Les exercices d’échecs comportent ainsi, par exemple :
- les combinaisons dans lesquelles le joueur doit découvrir une suite de coups forcée donnant la victoire sur le champ ou un avantage décisif, ceci contre toute défense du camp adverse ;
- les exercices de mat dans lesquels le joueur doit découvrir un mat forcé dans un nombre limité ou non de coups ;
- les fins de partie dans lesquels le joueur doit trouver une méthode de gain dans un contexte de matériel réduit.
Dans les devinettes, dont les auteurs sont restés anonymes et qui ne sont pas dénuées d’une certaine valeur esthétique, citons :
- le problème des huit dames qui consiste à placer huit dames de même couleur sur l’échiquier de façon qu’aucune d’entre elles ne soit sur la trajectoire d’une autre ;
- le problème du cavalier qui consiste à faire parcourir tout l’échiquier à un cavalier sans passer deux fois par la même case.
Esthétique
Par définition il n’y a pas de standard officiel permettant de définir la qualité esthétique d’un problème d’échecs. Le jugement dépend de chaque personne et a évolué avec le temps. Voici cependant quelques critères que l’on s’efforce de respecter :
- la position du problème doit être légale, cette règle est obligatoire pour que l’œuvre puisse participer à un concours. Il doit en effet exister au moins une partie d’échecs permettant d’atteindre le diagramme à partir de la position initiale standard, même si celle-ci est totalement invraisemblable. Les problèmes ne sont pas créés dans un souci de réalisme ;
- le premier coup de la solution, la clé, doit être unique. Un problème qui a plusieurs clés est démoli et ne sera pas publié. Certains problèmes font exception, où les multiples solutions, voulues par le compositeur, se complètent d’une façon ou d’une autre. Cela arrive fréquemment pour les mats aidés ;
- idéalement, chaque coup noir est suivi d’un seul coup blanc menant au but, même si ce critère d’unicité n’est pas aussi important que pour la clé. S’il y a plusieurs coups possibles, on parle de dual. Les duals qu’un compositeur évite impérativement sont ceux qui concernent les variantes thématiques ;
- le problème doit contenir un ou plusieurs thèmes répertoriés ou contenir une idée originale. Ce critère est plus essentiel que la recherche de la difficulté de résolution (qui est évidemment aussi appréciée). Un grand nombre de thèmes existent et chacun porte un nom. La répétition d’un thème ou la combinaisons de plusieurs dans un même problème sont fréquents et très appréciés (voir l’exemple ci-dessous) ;
- la clé du problème ne doit pas être triviale. Pour cette raison, les coups qui donnent échec, les captures, les coups qui restreignent la liberté du roi noir, ne sont pas bien vus ;
- toutes les pièces présentes sur l’échiquier doivent participer au problème, soit en participant activement dans la solution, soit en empêchant des démolitions. Les pions et pièces inutiles dans la solution et qui ne servent qu’à la correction du problème sont des défauts mineurs ;
- l’économie sous toutes ses formes est une qualité. Il vaut mieux avoir :
- le problème le plus court possible pour montrer le thème ;
- le moins de pièces possible sur l’échiquier ;
- les pièces les moins puissantes, par exemple en remplaçant une dame par une tour si cela suffit.
Les types de problèmes
Les problèmes sont classés en fonction de l’énoncé du problème et du matériel utilisé.
Variété des types d’énoncé
Les premiers problèmes d’échecs ont été des mats directs ou des études, ces deux types d’énoncé restent proches des règles et conventions de la partie d’échecs.
Le but d’un problème d’échecs n’étant pas l’affrontement de deux camps au sens de la partie, les compositeurs ont enrichi le domaine en créant dans un premier temps de nouveaux énoncés respectant les règles classiques du jeu, ce sont les problèmes hétérodoxes ; puis en modifiant les règles proprement dites par l’ajout de pièces ou de conditions, ce sont les problèmes féeriques.
Problèmes orthodoxes
Les problèmes orthodoxes respectent toutes les règles du jeu d’échecs :
- les mats directs (notés n# ou #n) – les blancs jouent les premiers et font mat en n coups, contre toutes défenses des noirs. On remarque toutefois que dans la partie réelle il n’y a en situation normale pas de contrainte sur le nombre de coups pour infliger un mat ;
- les études (notés + pour une étude de gain, = pour une étude de nulle) – ce sont des positions composées de fin de partie. Les études d’échecs suivent strictement les règles du jeu normal et sont donc normalement facilement accessibles aux joueurs. Toutefois elles mettent en scène des méthodes de gain ou d’annulation souvent très originales, pour cette raison cela les rend souvent très difficiles à résoudre même pour des joueurs de très fort niveau.
Problèmes hétérodoxes
Les problèmes hétérodoxes se conforment aux règles du jeu d’échecs, mais le but poursuivi est inhabituel :
- mats aidés (notés hn# ou h#n) – les noirs jouent en premier et font leur possible pour aider les blancs à les mater en n coups (les deux camps collaborent) ;
- mats inverses (notés sn# ou s#n) – les blancs jouent et forcent les noirs à mater en n coups, quels que soient les coups des noirs (qui refusent de collaborer).
Les problèmes d’analyse rétrograde (voir plus loin) ne sont pas classés dans les problèmes hétérodoxes, même lorsqu’ils respectent les règles du jeu.
Curiosités échiquéennes
Les curiosités échiquéennes sont des problèmes d’échecs dont l’humour est une composante importante. On doit souvent sortir de la logique interne du jeu pour les résoudre, à moins que la curiosité vienne simplement d’une position inhabituelle sur l’échiquier.
Problèmes féeriques
Les problèmes féeriques utilisent des règles féeriques ou des pièces féeriques, on peut donc trouver des mats directs, des études, des mats aidés féeriques, mais il existe aussi un certain nombre de problèmes où le côté féerique est juste limité à l’énoncé du problème :
- mats réflexes (notés rn# ou r#n) – comme les mats inverses, mais avec une condition supplémentaire : dès qu’un camp a la possibilité de donner échec et mat, il en a l’obligation. Si seuls les noirs ont cette obligation, c’est un mat semi-réflexe (noté alors srn# ou sr#n). Ces problèmes sont féeriques, parce que l’énoncé interdit de jouer certains coups qui sont pourtant parfaitement légaux. Ils sont cependant fréquemment présentés avec les mats inverses plutôt qu’avec les problèmes féeriques ;
- problèmes de série – celui qui joue dispose d’une série de coups sans réponse de son adversaire. Il existe des mats de série directs (notés sdn# ou sd#n), aidés (notés shn# ou sh#n), inverses (notés ssn# ou ss#n) ou réflexes (notés srn# ou sr#n). Ce genre va à l’encontre de la règle d’alternance des coups du jeu d’échecs.
Problèmes d’analyse rétrograde
Les problèmes d’analyse rétrograde sont des problèmes dans lesquels l’énoncé demande d’expliquer la position obtenue en recherchant certains coups de la partie et/ou de modifier la position pour qu’elle puisse être expliquée et légale. De tels problèmes ont été popularisés par Raymond Smullyan dans son livre Sherlock Holmes en échecs; par déformation professionnelle, Sherlock Holmes est en effet bien meilleur en analyse rétrograde qu’au jeu d’échecs classique. Le spécialiste mondial de cette discipline est le français Michel Caillaud.
Ces problèmes peuvent éventuellement comporter des conditions et pièces féeriques, les énoncés sont très variés, par exemple :
- mat direct ou mat aidé qui semble classique, mais qui nécessite de démontrer que le roque n’est pas possible ou que la prise en passant est possible ;
- donner les n derniers coups joués ou la partie justificative complète en n coups (on parle aussi de PCPJ pour Plus Courte Partie Justificative) ;
- indiquer quelle pièce a été promue ;
- indiquer sur quelles cases ont eu lieu les prises et/ou quelles pièces ont été prises ;
- colorier les pièces (qui sont toutes blanches sur le diagramme) pour avoir une position légale ;
- indiquer quelle pièce enlever ou quelle pièce ajouter pour avoir une position légale ;
- retractor – les deux camps reprennent un certain nombre de coups afin de trouver une position dans laquelle les blancs peuvent mater.
Problèmes mathématiques
Les problèmes mathématiques sont des problèmes utilisant les pièces d’échecs dont la solution comporte une démonstration mathématique. C’est par exemple le cas du problème du cavalier ou du problème des huit dames.
La clé du problème est 1.Th1. Elle est difficile à trouver parce qu’elle laisse aux Noirs la liberté de jouer. Elle évacue la case h2, qui devient utilisable pour mater ; c’est ce que les problémistes appellent le thème Bristol, en référence à un problème de Frank Healey publié en 1861 dans un tournoi de cette ville. Les Noirs sont mis en zugzwang, une situation dans laquelle chacun de leur coup détériore leur position (les problémistes parlent plutôt de blocus). Mais les règles du jeu leur imposent de jouer et chacun des coups noirs entraîne un coup blanc matant. Par exemple, si les noirs jouent 1… Fxh7, la case d5 n’est plus contrôlée, et les blancs jouent 2.Cd5#. Ou bien si les noirs jouent 1… Te5, ils bloquent la case de fuite du roi, ce qui permet 2.Dg4#. Sur 1…Fg5, les blancs jouent 2.Dh2#, profitant de l’effet Bristol. Si les Noirs pouvaient ne pas jouer en réponse à la clé, les Blancs ne pourraient pas mater en un coup.
Le thème de ce problème est appelé tuyaux d’orgues ; il se caractérise par la position des tours et des fous noirs. Si chacune de ces quatre pièces avance d’une ou de deux cases, elle intercepte une autre pièce et permet un mat. Par exemple, si les Noirs jouent 1… Fe7, la case e3 n’est plus contrôlée, et cela permet 2.e3#. Si les Noirs jouent 1… Te7, c’est la case h4 qui n’est plus contrôlée et les Blancs matent par 2.Th4#. Le thème de l’interférence mutuelle de deux pièces dans deux variantes porte le nom Grimshaw. Les tuyaux d’orgues présentent donc deux Grimshaw.
Un problémiste est un compositeur de problèmes d’échecs.
Les amateurs de problèmes d’échecs se divisent généralement en plusieurs groupes : les compositeurs, les solutionnistes et les juges.
Compositeurs
Les compositeurs inventent les problèmes. Très souvent, le compositeur se spécialise dans un type de problème particulier, par exemple les études d’échecs.
La Fédération mondiale pour la composition échiquéenne décerne les titres de grand maître international pour la composition échiquéenne, maître international pour la composition échiquéenne et Maître FIDE pour la composition échiquéenne.
Quelques compositeurs
- Fadil Abdurahmanović
- Herbert Ahues
- Venelin Alaikov
- Edith Baird
- Mustapha Bakani
- György Bakcsi
- Pal Benko
- Youness Benjelloun
- Denis Blondel
- Evgueni Bogdanov
- Jean-Pierre Boyer
- Vladimir Bron
- Michel Caillaud,
- Alex Casa
- Adriano Chicco
- Friedrich Chlubna
- Henry Dudeney
- Carl Kockelkorn
- Frédéric Lazard
- Lev Lochinski
- Jean-Marc Loustau
- Sam Loyd
- Comins Mansfield
- Vladimir Nabokov
- Abdelaziz Onkoud
- Auguste d’Orville
- Petko Petkov
- Josef Plachutta
- Hans-Peter Rehm (de),
- Antonio Sacconi
- Jacques Savournin
- William Shinkman
- Viktor Tchepijny
- Leopold Mitrofanov
- Alain White
Compositeurs d’études d’échecs
Le terme d’« étudiste » est parfois utilisé pour désigner un compositeur d’études d’échecs.
Beaucoup de compositeurs d’études d’échecs, y compris Troitzky, Rinck ainsi que d’autres grandes figures telles que Genrikh Kasparian, sont célèbres pour leurs études et pratiquement inconnus en tant que joueurs. Cependant, quelques joueurs célèbres ont composé des études, les plus connus étant probablement Emanuel Lasker, Richard Réti et Jan Timman.
Juges de problèmes d’échecs
Chaque fois que plusieurs problèmes sont publiés ensemble ou sur une même période, un juge est désigné pour classer ces problèmes. Le juge peut proposer lui-même un thème de concours de composition à une revue de problèmes d’échecs. Pour juger au plus haut niveau, il faut être désigné Juge international pour la composition échiquéenne par la Fédération internationale des échecs.
Solutionnistes
Un solutionniste participe à des concours de solutions ou à des championnats de résolutions de problèmes d’échecs. Les solutionnistes peuvent obtenir le titre de grand maître international de résolution de problèmes d’échecs de la Fédération internationale des échecs en participant aux championnats de résolution.
Notes et références
Bibliographie
- Nicolas Giffard et Alain Biénabe, Le Nouveau Guide des échecs : Traité complet, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », , 1701 p. (ISBN 978-2-221-11013-3)
Articles connexes
Voir aussi
Articles connexes
- Les Albums FIDE recueil des meilleurs problèmes d’échecs
- Les problémistes (compositeurs de problèmes d’échecs)
- Les conventions pour la composition d’études d’échecs
- Série de Noël
Bibliographie
- (en)Milan Velimirović et Karl Valtonen (préf. Uri Avner), Encyclopedia of Chess Problems : Themes And Terms, Belgrade, Informateur des échecs, (1reéd. 2012), 520 p.(ISBN978-86-7297-064-7, présentation en ligne [archive]).
- Milan Velimirović (en), Marjan Kovačević (en), 2345 problèmes d’échecs — Anthologie des problèmes d’échecs, Chess informant, Belgrade, 1997, (ISBN86-7297-031-4 et 9788672970319).
- Nicolas Giffard et Alain Biénabe, Le Nouveau Guide des échecs : Traité complet, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », , 1701 p.(ISBN978-2-221-11013-3).
- Jean-Pierre Boyer, Problèmes d’échecs en deux coups, Paris, 1983, Hatier, collection « Joueurs d’échecs confirmés », 187 p. (ISBN2 218 06384-0).
- (de) Werner Speckman, Schachminiaturen mit schwarzer Dame, Kleine Schachbücherei Band 24, Beyer Verlag, 1988.
- René Mayer, Problèmes pour les gens sans problèmes, Paris, 2005, Édition Payot / Rivages, collection « Petite bibliothèque Payot /Échecs » no 563, 178 p. (ISBN2-228-89972-0).
- René Mayer, 222 problèmes d’échecs brillants, Paris, 2011, Édition Payot / Rivages, collection « Petite bibliothèque Payot /Échecs » no 827, 190 p. (ISBN978-2-228-90702-6).
- Michel et Loïc Le Pivert, Au cœur du problème – Essai, France Europe Éditions 2004 (ISBN2-84825-101-8).
- Jean Bertin (préf. Camil Seneca), Initiation au problème d’échecs, Paris, Stock, (1reéd. 1964), 227 p.(ISBN2-234-00718-6).
Liens externes
- Bruno’s Chess Problem of the Day [archive], un nouveau problème tous les jours et plus de 1100 en base (en français et en anglais).
- Problemesis – une revue de problèmes d’échecs en ligne [archive] (en français et en anglais).
- Echekk – un ouvrage sur la composition échiquéenne [archive].
Exemple
Le problème suivant a été composé par Thomas Taverner et publié en 1889 dans le Dubuque Chess Journal. C’est un mat direct en deux coups.
Une étude doit avoir une solution unique pour être considérée comme valide. On préfère aussi que chacun des coups blancs de la solution soit unique, certaines alternatives mineures sont tolérées mais peuvent éventuellement diminuer la valeur de l’œuvre. Par exemple le fait d’avoir deux chemins possibles pour un cavalier en b1-c3-b5 et b1-a3-b5.

Les blancs jouent et gagnent !
Il existe des milliers d’études créées par des compositeurs dans le monde entier depuis environ 400 ans. De nos jours, de nouvelles études paraissent tous les mois dans des magazines dédiés aux problèmes d’échecs, tels les magazines français Phénix et Diagrammes. Les plus remarquées d’entre elles sont reproduites dans des magazines internationaux dont certains sont entièrement dédiés aux études, tel le magazine britannique EG, dans les magazines destinés au joueurs d’échecs ou même dans des quotidiens, tel Le Monde, dans une rubrique hebdomadaire. Les études sont également disponibles sous forme de compilations dans de nombreux ouvrages ainsi que, depuis quelques années, dans des bases de données sur CD-ROM, tel que Endgame Study Database 2000 de Harold van der Heijden, qui répertorie plusieurs dizaine de milliers d’études.
Sommaire
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Historique
Les études sont antérieures au jeu d’échecs dans sa forme moderne. On trouve des études de Chatrang (ancêtre du jeu d’échecs) dans des manuscrits datant du ixe siècle, et les plus anciens traités du jeu d’échecs moderne tels que ceux de Luis Ramirez Lucena et Pedro Damiano (fin du xve siècle et début du xvie siècle) en contiennent également. Cependant, ces études comportent souvent des pièces superflues, ajoutées dans le seul but de les faire ressembler à des parties réelles mais qui ne jouent aucun rôle dans la solution (ceci n’arrive jamais dans les études modernes).
Plusieurs noms ont été donnés à ces positions, par exemple Damiano les appelait subtilités. Le premier livre dans lequel on les a nommées études semble être Études d’échecs, publié en 1851 par Josef Kling et Bernhard Horwitz. Cet ouvrage est parfois considéré comme le point de départ de l’étude d’échecs moderne. On considère généralement que les contributions d’Alekseï Troïtski et Henri Rinck ont élevé cette forme de composition au niveau d’un art vers la fin du xixe siècle.
La plupart des compositeurs, y compris Troïtski, Rinck, ainsi que d’autres grandes figures telles que Genrikh Kasparian, sont célèbres pour leurs études et pratiquement inconnus en tant que joueurs. Cependant, quelques joueurs célèbres ont composé des études, parmi les plus connus se trouvent Emanuel Lasker, Richard Réti, Vassily Smyslov et Jan Timman.
Une étude de Réti
Cette étude de Richard Réti est l’une des plus célèbres du genre. Elle a été publiée pour la première fois dans les Neueste Schachnachrichten en 1922 puis reproduite dans de nombreux manuels. C’est aux Blancs de jouer et ils doivent annuler. À première vue, la mission semble impossible : si les Blancs essaient de pourchasser le pion noir, ils n’y parviendront jamais (1. Rh7 h4 2.Rh6 h3 etc. est clairement sans espoir) ; quant aux Noirs, ils pourront facilement capturer le pion blanc si ceux-ci tentent de le promouvoir.
Les Blancs peuvent cependant annuler, en profitant du fait que leur roi peut se déplacer dans deux directions à la fois : vers le pion noir et vers son propre pion.
La solution est 1.Rg7 h4 2.Rf6 Rb6 (si 2…h3 alors 3.Re7 et 4.Rd7 permettent aux Blancs de promouvoir leur pion) 3.Re5!. À présent, si 3…Rxc6 alors 4.Rf4 arrête finalement le pion noir, alors que si 3…h3, 4.Rd6 permet aux Blancs de promouvoir leur pion. Dans les deux cas, le résultat est une partie nulle.
Une étude de Kasparian
Toutes les études ne sont pas aussi simples que dans l’exemple précédent. L’étude suivante est de Genrikh Kasparian, elle a été publiée pour la première fois dans Magyar Sakkélet en 1962. Les Blancs jouent et font nulle.
Genrikh KasparianMagyar Sakkélet, 1962
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| Les Blancs jouent et font nulle |
La ligne principale de la solution est 1. Ta1 a2 2. Re6 Fa3 3. Ff4 Fb2 4. Fe5 a3 5. Rd5 Fg6 6. Fd4 Ff7+ 7. Re4 Fc4 8. Tg1, mais il y a de nombreuses alternatives pour les deux camps. Par exemple, les Blancs pourraient essayer 1.Ff4 à leur premier coup, avec l’idée 1…Fxa2 2.Fxd6 et 3. Fxa3 qui donne une partie nulle, mais les noirs peuvent contrecarrer ce plan avec 1…Fxf4 2. Txa3 Fc2 qui gagne. Il n’est pas nécessaire d’avoir une connaissance très poussée du jeu pour comprendre pourquoi un coup est correct, alors qu’un autre échoue. Mais il n’est pas évident pour beaucoup de joueurs que la position résultant de la ligne principale est une partie nulle.
Une étude de Troitzky
Dans cette étude, les Blancs proposent six fois (!) le sacrifice de leur Tour dans le but de gagner sur échec au roi la dame adverse par une fourchette de cavalier. Une telle répétition de manœuvres dans une même étude est appelée Task.
La solution est: 1. Tb4!! Dc8 (si 1…Da8 2. Tb8! suivi de 3. Cc6+) 2. Tb8! Dh3 3. Th8! Ch4 4. Txh4! Dc8 5. Th8! Db7 6. Tb8 Dxb8 7. Cc6+ et gagne.
Autres exemples

Les blancs jouent et gagnent
Anonyme
La première étude, d’un auteur resté anonyme, présente une méthode humoristique pour obtenir le gain. Les Blancs ont deux fous d’avance ce qui, en temps normal, est amplement suffisant pour prétendre au gain. Toutefois, le roi noir est enfermé et il n’est pas question de le libérer. D’autre part, les Noirs vont avancer leur pion libre et les blancs ne pourront pas le capturer sans pater le roi noir. Comment les Blancs peuvent-ils gagner ?
Solution : 1.Ff5! (empêche f5) f6 2.Fa3! (si exf6 pat) fxe5 3.Fe4 (empêche e4) exd4 4.Fd3 (empêche d3) dxc3 5.bxc3 b2+ (forcé) 6.Fxb2 mat)
Cette étude est également un problème d’échecs dont l’énoncé est « mat en 6 coups ».

Les Blancs jouent et font nulle
Hans Cohn, N.N.
La seconde étude, de Hans Cohn, illustre bien ce que l’on recherche dans la composition échiquéenne. L’équilibre des forces est nettement en faveur des Noirs qui ont une dame et un pion contre une tour, donc a priori un gain facile. Comment les Blancs peuvent-ils annuler ?
Solution : 1.Tg3! et si 1…Dxg3 le roi blanc est pat.
La solution continue avec 1…d4 2.Rg2 (les Blancs ne peuvent pas échanger leur tour contre la dame, car la finale de pion qui s’ensuit est gagnante pour les Noirs) 2.d3, Rf1! (après ce coup les Blancs vont prendre la dame, d’où) 3…Dxg3 pat, la partie est nulle. Si le premier pat est trivial, le second en revanche est une surprise.
Bibliographie
Ouvrages généraux
- (en) John Beasley et Timothy Whitworth, Endgame Magic, Batsford, 1996
- Alain Biénabe, Le Guide des échecs : traité complet, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 1993 (1re éd. 1993), 1592 p. (ISBN 978-2221059135), partie 8, « La composition d’échecs »
- (de) Anatoli Karpow et Jewgeni Gik (trad. Dagobert Kohlmeyer), Schach Studien, Hollfeld, Beyer-Verlag, 1991, 135 p. (ISBN 3-88805-086-3)
- (en) John Nunn, Solving in Style, Gambit, 2002, 248 p. (ISBN 978-19019836-6)
- John Nunn, L’Art des finales : 250 études d’anthologie (traduit par François-Xavier Priour), Montpellier, 2008, Olibris, 330 p. (ISBN 978-2-916340-22-7)
Titre original (en) Endgame Challenge, Gambit, 2002. - (en) Arthur John Roycroft, Test Tube Chess, Faber, 1972
Recueils d’un auteur
- (en) Genrikh Moiseyevich Kasparian (trad. A. Krivoviaz, préf. Sam Sloan), Domination in 2,545 Endgame Studies, Ishi Press International, 2007 (1re éd. 1974), 542 p.(ISBN 0-923891-87-0)
Notation algébrique anglaise. - (en) Genrikh Moiseyevich Kasparian, 888 Miniatures Studies, Belgrade, BeoSing, 2010, 384 p. (ISBN 978-86-7686-147-7)
- (en) Jan Timman (trad. Peter Boel, préf. Jan Timman), The Art of the Endgame : My Journeys in the Magical World of Endgame Studies, Alkmaar, New in Chess, 2011 (1re éd.2011), 269 p. (ISBN 978-90-5691-369-4)
- (en) Alexeï Alexeyevich Troitzky (préf. Sam Sloan), Collection of Chess Studies by A. A. Troizky, New York, Ishi Press International, 2006 (1re éd. 1937), 264 p.(ISBN 0-923891-10-2)
- Henri Rinck, 300 fins de partie : 3e édition de « 150 fins de partie », Barcelone, Hijos de Paluzie, 1919, 646 p.




