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Contre la Scheveningue

Cette variante survient après les coups 1. e4 c5 2. Cf3 d6 (ou e6) 3. d4 cxd4 4. Cxd4 Cf6 5. Cc3 e6 (ou d6) 6. Fe3 a6 dans la variante de Scheveningue,

et encore plus fréquemment par l’ordre de coups 1. e4 c5 2. Cf3 d6 3. d4 cxd4 4. Cxd4 Cf6 5. Cc3 a6 6. Fe3 e6 de la variante Najdorf.

 

Toutefois, dans l’ordre de coups de la variante de Scheveningue, les noirs peuvent essayer d’économiser le coup a6 pour préparer le plus vite possible le coup émancipateur d6-d5, par exemple 1.e4 c5 2.Cf3 d6 3.d4 cxd4 4.Cxd4 Cf6 5.Cc3 e6 6.Fe3 Cc6 7.f3 Fe7 8.Dd2 0-0 9.0-0-0 d5.

La variante 6. Fe3 a6 7. f3, ou 7. Dd2 suivi de f3, devint un système à part entière vers 1984-1985, lorsque les jeunes maîtres de LeningradKonstantin AseïevLeonid Youdassine et Aleksandr Khalifman, puis les grands-maîtres anglais, John NunnNigel Short et Murray Chandler commencèrent à l’utiliser1. Khalifman et Kasparov remarquent que la variante était jusque-là complètement inexplorée ; le coup 6. Fe3 dans son ensemble était jugé comme inadéquat contre la Najdorf, à la fois trop lent par rapport aux suites directes 6. Fg5 et 6. Fc4 et peu fondé positionnellement, car n’entrant pas dans un schéma solide avec un petit roque rapide2.

Dans son livre Comment jouer les débuts semi-ouvertsAnatoly Karpov détaille les différents plans noirs :

« Les Noirs ont deux suites principales à leur disposition : développer l’aile-dame en jouant Dc7, b7-b5 et Cb8-d7 ( ou Cb8-c6) ou bien sortir le fou Ff8-e7, exécuter le petit roque et réagir au centre par la poussée d6-d53. »

Vers la fin des années 1990, la théorie a largement exploré les conséquences de 6. Fe3 e6 7. f3 b5 8. g4 h6 9. Dd2 Cbd7 10. 0-0-0 Fb7 11. h4 b4 12. Cce2, avec un certain manque de positions prometteuses pour les blancs après 12… d5 13. Cf2 ou 13. Fh34. Aussi, vers 1998-1999, les blancs s’orientent vers d’autres coups de cavalier. 12. Cb1, quoique jouable et quelquefois testé, est probablement trop passif, aussi un débat théorique virulent s’engagea-t-il dans la ligne 12. Ca4 (cf diagramme). Kasparov tout d’abord inscrivit une victoire spectaculaire contre Topalov et sembla réfuter toute la variante 12. Ca4 en continuant par 12… Da5 13. b3 Cc5 14. a3 Cxa4 15. axb4 Dc7 16. bxa4 d5 17. e5 Cd7 18. f4 Cb6 19. a5 Cc4 20. Dc3 De7!5. Plus tard dans la même année, le jeune Grichtchouk proposa l’amélioration 19. f5 et remporta ainsi deux parties6, relançant le débat; Kasparov lui-même, jouant avec les blancs contre Topalov7, obtint une nouvelle victoire en adoptant le coup 19. Th3 initié par Bologan. Kasparov porte le jugement global suivant sur la ligne critique avec 12. Ca4 :

« J’ai joué cette position à la fois avec les blancs et avec les noirs. En particulier, j’ai gagné deux parties très importantes contre Topalov : la première avec les noirs à Linares 1999, et la seconde avec les blancs à Wijk-aan-Zee 2001. La faiblesse des défenses autour du roi blanc est évidente, mais le roi noir n’est pas à l’abri non plus, et il est ainsi difficile d’affirmer que la compensation pour le pion est suffisante. On considère aujourd’hui que, dans les complications sauvages qui surviennent ici, les atouts des blancs sont supérieurs.  »

— Gary Kasparov8.

Conformément à ce jugement, les noirs évitent la plupart du temps de raviver le débat sur 19. f5 ou 19. Th3, et choisissent de dévier plus tôt, par exemple en jouant Tc8 au 13e ou 14e coup9. Un autre essai est 12. Ca4 d5. Ce coup reçut une critique favorable dans The English Attack10, mais dans une partie disputée l’année suivante contre Erenburg, l’auteur se vit opposer la forte réplique 13. Fh3 dxe4 14. g5 hxg5 15. hxg5 exf3 16. Cxe6! fxe6 17. Ff5!11. Principalement, les noirs ont déplacé la discussion vers d’autres systèmes.

Kasparov d’abord a ravivé les systèmes où les noirs ne jouent pas h6, et placent immédiatement un de leurs cavaliers à b6 : 6. Fe3 e6 7. f3 b5 8. g4 Cfd7 9. Dd2 Cb612. Après 10. 0-0-0 C8d7, la correction du système noir dépend en partie du sacrifice de pièce inventé par Grichtchouk, 11. Cdxb5 :

Alexandr Grichtchouk (2671) – Semion Dvoïris (2563) [B80] Open Aeroflot, Moscou (3), 

1.e4 c5 2.Cf3 d6 3.d4 cxd4 4.Cxd4 Cf6 5.Cc3 a6 6.f3 e6 7.Fe3 b5 8.g4 Cfd7 9.Dd2 Cb6 10.0-0-0 C8d7 11.Cdxb5 (11. Fg5 et 11. Df2 étaient les coups usuels) axb5 12.Cxb5 Txa2 (12… Fa6 a été préféré dans les parties ultérieures) 13.Rb1 Ta8 14.Cxd6+ Fxd6 15.Dxd6 Ca4 16.Fb5 De7 17.Dd4 e5 18.Dd5 Cc3+ 19.bxc3 Tb8 20.Td3 0-0 21.c4 Cb6 22.Dc5 Df6 23.g5 1-0

Les Noirs préfèrent maintenant éviter le débat et jouent simplement 10… Fb7, transposant dans la variante 8… Fb7 9. Dd2 Cfd7 10. 0-0-0 Cb6.

Si les Blancs retardent g2-g4 et jouent d’abord 8. Dd2, alors il est possible de placer l’autre cavalier à b6 : 8. Dd2 Cbd7 9. g4 Cb613.

Topalov a quant à lui développé les lignes où les noirs jouent précocement b4, souvent dès le 8e coup : 8. g4 h6 9. Dd2 b414, ou 8. Dd2 b415.

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