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Le trébuchet

A. − HIST. [Au Moy. Âge] Machine de guerre à contrepoids utilisée pour lancer des pierres contre les murailles des châteaux et des villes. Cet engin est (…) une espèce de fronde gigantesque. On l’appelait, au moyen âge, chatte, bricole, trébuchet etc. (…) le trébuchet étant mis en batterie, il fallait tenir pendant quelque temps la poutre immobile pour diriger le coup (MériméeÉt. arts Moy. Âge, 1870, pp. 370-371).

B. −

1. Vx. Petite balance de précision dont la moindre augmentation de poids faisait trébucher, pencher le plateau chargé, et qui servait à vérifier le poids des pièces de monnaie. Regarde-le donc ton fils. C’est à croire, mon Dieu, qu’il va peser de l’or au trébuchet dans le bureau des farines, comme le pauvre défunt (AdamEnf. Aust., 1902, p. 62).
2. Mod. Petite balance de grande précision servant aux pesées délicates (bijoux, pierres précieuses; pesées de laboratoire). (Dict. xxes.).

 

C. −

1. Piège à bascule pour oiseaux et petits animaux nuisibles (belettes, fouines, rats). Échapper au trébuchet. Raboliot chassait toujours, car il fallait manger, colletait, furetait, posait des trébuchets (GenevoixRaboliot, 1925, p. 304).

François Boucher

Huile sur toile
Vers 1751

Style Louis XIV

Dimensions (L × l × h) 51 × 4,5 × 59 cm

Dans une clairière, une fillette revêtue d’un costume de paysanne achève l’installation d’un trébuchet – piège à oiseaux muni d’une bascule. Derrière elle, un premier piège à filet a déjà été tendu. Comme pour Le Petit Pêcheur (GOB 35/1), les couleurs vives du costume contrastent avec l’harmonie des tons bleu-vert du paysage.
La fillette pourrait s’inspirer d’un personnage de théâtre ou d’opéra à l’instar de Lisette, une bergère du ballet-pantomine « La Vallée de Montmorency » de Charles-Simon Favart (« Lisette triomphante attache sa cage aux arbres, apres avoir vu Babet jetter la sienne de depit. », Histoire anecdotique et raisonnée du théâtre italien, t. VI, 1769, p. 37, cité par Standen, 1994, p. 120).

Historique :
Ce tableau appartient à une suite de cartons représentant des enfants en costume contemporain se livrant à des activités campagnardes – travaux de la ferme, jardinage, jeux champêtres…

Exécuté par François Boucher, l’ensemble servit de modèle à la garniture en tapisserie d’un ensemble de sièges, commandé aux Gobelins par la marquise de Pompadour à l’entrepreneur Jacques Neilson. Destiné au château de Bellevue, puis déplacé à l’hôtel d’Évreux après la vente du domaine, ce mobilier pourrait correspondre aux quatre fauteuils, au canapé, aux deux bergères et aux trois chaises « couvert[s] de tapisserie des Gobellins » d’après des « desseins de M. Boucher représentant des enfans » figurant dans l’inventaire après décès de la favorite en 1764 (Fenaille, 1907, IV, p. 387).

Cinq cartons de la suite des « Enfants campagnards » sont aujourd’hui conservés au Mobilier national. La série en comprenait autrefois une vingtaine dont certains intégrèrent le décor du château de Crécy, alors en possession de la favorite.

L’œuvre a été restaurée en 2013 à l’occasion de l’exposition « Les Gobelins au siècle des Lumières ».

 

− Dans des loc. fig. Donner dans le trébuchet. Il était irrité contre elle et lui prêtait des pensées de triomphe: « J’ai tout de même décroché un mari malgré nos malheurs » Lui, il était le maladroit tombé dans le panneau, pris au trébuchet (MauriacChemins mer, 1939, p. 160).
2. Arg. Guillotine. Faire le trébuchet. Être guillotiné. Quand on nous découvrirait [comme faux-monnayeurs], qu’est-ce qu’il en serait? Il y en a bien d’autres qui ont fait le trébuchet sur la place de Grève (VidocqMém., t. 2, 1828-29, p. 263).
Prononc. et Orth.: [tʀebyʃ ε]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. a) 1174-77 « piège dont le mécanisme de déclenchement consiste en un assemblage de bûchettes en équilibre » (Renart, éd. M. Roques, VII b, 6437); b) 1403 au fig. « piège » (Eustache DeschampsŒuvres compl., éd. G. Raynaud, t. 8, p. 190); 2. ca 1200 « machine de guerre qui lance des pierres pour abattre les murailles » (Renart, éd. E. Martin, XI, 2545); 3. a) 1326 « petite balance de précision qui sert à vérifier le poids des pièces de monnaie » (Arch., JJ 64, fo237 vods Gdf.s.v. atrebuchier); b) 1949 « balance de haute précision utilisée pour les pesées délicates de laboratoire » (BrunerieIndustr. alim., p. 161). Dér. de trébucher*; suff. -et*. Fréq. abs. littér.: 34. Bbg. (Cf. bbg. trébucher).

Trait aux Blancs

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