Depuis qu’il était devenu le bouffon du roi, il avait pris très à cœur sa nouvelle tache, aimant par-dessus tout faire rire les autres. A ses yeux, il insufflait ainsi plus de joie dans un monde qu’il trouvait bien déprimant.
Il se souvenait de la première farce qu’il lui avait faite. Ce jour-là, sachant que le roi avait prévu de passer une journée au calme dans son château, il eut la bonne idée de mélanger, avec une petite potion préparée par ses soins, tout ce que son roi avait prévu de manger et boire. Le lendemain, le roi avait passé la journée à se plaindre pour le moindre détail gênant, quand il ne s’absentait pas dans ses appartements privés.
Quelques jours plus tard, le bouffon s’était glissé dans la chambre du roi pour y prendre quelques objets, essentiellement des parchemins et des livres, pour les rangers à d’autres emplacements. Les dents du roi grincèrent si fort dans la soirée qu’elles pouvaient se faire entendre dans tout le château, et il ne valait mieux pas le contrarier, au risque de subir coups de fouet et coups de bâton.
Préférant se faire un peu discret durant les journées qui suivirent, le bouffon avait réfléchi un long moment pour sa prochaine farce. Sachant que son roi avait prévu une sortie avec son fils, il s’était glissé dans l’écurie et avait procédé à une décoration de la selle, avant de redonner un peu d’eau au cheval. Le roi rentra une heure après sa balade, déversant sa colère sur tout le monde, s’enfermant dans sa chambre, ordonnant que personne ne le dérange, après avoir coupé la tête son écuyer.
Le bouffon voyait bien que son roi adoré n’allait pas en s’arrangeant, l’hiver s’était installé et son fils n’allait vraiment pas bien. Cela l’inspira pour une plaisanterie plus réconfortante. S’infiltrant une nouvelle fois dans la chambre du roi, il avait badigeonné, avec un peu de maladresse, l’âtre de la cheminée avec une des bouteilles rangées près du fauteuil. Jusqu’à la fin de la saison suivante, le roi se montra plus colérique que jamais, au point de faire pendre plusieurs de ses serviteurs.
Après de nombreux mois, le bouffon ne voyait toujours pas de beau sourire sur le visage de son roi, mais il avait concocté une dernière idée, persuadé que cette fois-ci, ce serait la bonne. S’étant caché dans l’un placard de la chambre du roi, il avait décidé de le surprendre en lui bondissant dessus. Après avoir patienté jusqu’au bon milieu de la nuit, il exécuta son tour à son roi, mais ce dernier, après son moment de surprise, en resta de marbre.
Au petit matin, on pouvait voir le bouffon à côté de la porte de la chambre, assit sur la dernière marche, en train de soupirer en disant que le roi n’avait décidément aucun humour.
…
Un jour, le roi avait prévu de se reposer en vue d’un combat important aux côtés de son armée, mais au lieu de cela il fut contraint de passer sa journée aux toilettes à se vider de ses entrailles.
Un matin, le roi devait prévoir un nouveau plan de bataille, mais ne trouvant pas tous les documents dont il avait besoin, cette tache devint impossible
Un après-midi, le roi voulait apprendre à son fils à galoper, mais pour cela il du retirer les plumes et morceaux de soies collés sur la selle. Ainsi, il ne remarqua pas la boucle du sanglon fracturé. Quand il monta à cheval avec son fils, la selle se détacha, faisant tomber le roi et poussant l’enfant à s’agripper à l’animal. Mais celui-ci finit par tomber à son tour, écrasant son dernier passager. Le toi tua son écuyer, le pensant responsable de ce drame.
Un soir, le roi somnolait dans son fauteuil, buvant une de ses bouteilles d’alcool. Sa reine entra dans la chambre, accompagnée d’un serviteur aux bras chargés de boit. S’adossant près de la cheminée, elle se mit à parler avec son mari, déplorant que tant d’alcool se soit répondu sur le sol. Alors que le serviteur venait de mettre le feu au boit, les flammes se répandirent sur le sol, jusqu’à la robe de la reine. Malgré tous les efforts fournis, elle ne parvint pas à échapper aux flammes.
Une nuit, le roi s’extirpa du lit et chancela jusqu’à son placard, tiraillé par la soif. En ouvrant la double porte, il vit le bouffon, qu’il se souvenait vaguement avoir engagé, lui sauter dessus, armée d’une hachette. Il eut le temps de hurler de peur, puis de hurler de douleur, avant de ne plus pouvoir hurler du tout.